Pensée du 23 février 20

« Supposons que le sujet fait par le groupe est ‹ Qu’est-ce qui maintient les femmes isolées les unes des autres ? ›. Chaque femme donne le témoignage de sa propre expérience. Par exemple, une femme peut expliquer comment ses parents l’encouragèrent à rivaliser avec d’autres filles pour avoir l’attention des hommes. Une autre peut témoigner de sa rage d’être tournée en dérision et des commérages de ses supposées amies. Quand chaque femme a donné son témoignage, le groupe entier en tire les généralisations. Un exemple des généralisations qui émergeraient de ce témoignage : c’est que, encore très jeunes, on enseigna aux femmes à se défier et à entrer en compétition avec les autres femmes. Les généralisations sur chaque sujet choisi varieront selon les témoignages de chaque groupe. Quoi qu’il en soit, en dépit du sujet, certains thèmes reviendront dans chaque témoignage. C’est le travail du groupe de reconnaître ces thèmes et de les édifier en généralisations. Bien que chacune de nos expériences ait été individuelle, l’oppression a pris des formes similaires. La généralisation aide à découvrir ces constantes dans l’expérience des femmes. Assez rapidement, les femmes dans un groupe de prise de conscience commencent à avoir une idée claire des mécanismes d’oppression et de la haine entre femmes. Quelques groupes trouvent que c’est important d’écrire les généralisations (pas les témoignages) qui émergent de chaque rencontre, ainsi elles peuvent s’y référer si elles veulent écrire un papier sur le groupe, faire des actions ou autre chose en relation avec leur groupe de prise de conscience. »

« Perspectives des groupes de prise de conscience » 1972


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