L ' A C A D E M O S

Pensée du 14 mars 11

« Puisque l’homme excelle à connaître la fin de son œuvre et à se mouvoir lui-même, c’est dans ses actes que l’on trouve le plus haut degré de volontaire. »

Saint Thomas d’Aquin, S. T., Les actes humains

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GRILLE DE LECTURE

Thomas d’Aquin veut répondre à la question suivante : « Trouve-t-on du volontaire dans les actes humains ? » La réponse à cette question n’est pas aussi évidente qu’on le pense si on se rappelle qu’Aristote avait affirmé que ce qui est volontaire est ce qui procède d’un principe intérieur, et que selon des idées reçues, le principe des actes humains n’est pas dans l’homme, mais en dehors de lui. Ce point de vue s’appuie sur le fait que l’appétit de l’homme est déterminé à agir par un objet désirable qui lui est extérieur et le meut. S’il s’avère que le principe des actes humains est extérieur à l’homme, on aurait pu affirmer qu’on ne trouve pas de volontaire dans les actes humains.

Or, saint Thomas soutient ici que c’est dans les actes humains que l’on trouve le plus haut degré de volontaire. Il motive cette thèse par le fait que l’homme excelle à connaître la fin de son œuvre et à se mouvoir lui-même. Pour comprendre cette double justification du niveau de perfection élevé de l’acte volontaire en l’homme, il nous faut approfondir la notion du volontaire. Pour saint Thomas d’Aquin, le volontaire se définit par deux traits essentiels :

On appelle une action volontaire celle qui contient en soi son principe dynamique et la connaissance de sa fin, c’est-à-dire qui est à la fois spontanée et intelligente. Ainsi, même si l’objet désirable meut l’homme de l’extérieur, le principe premier de son mouvement lui est intérieur. Cette double caractéristique de l’acte volontaire indique que les deux facultés dont procède l’acte volontaire de l’homme sont la volonté et l’intelligence. Par la volonté, l’homme se meut à agir, il excelle à se mouvoir lui-même, il est le principe dynamique de son action. Puisque tout agent, tout être mû, agit ou est mû en raison d’une fin, la connaissance de la fin est aussi déterminante.

Ainsi, l’intelligence nous rend capables d’orienter notre action selon la connaissance qu’elle nous donne de la fin que nous visons. Lorsque Thomas affirme que c’est dans les actes humains que l’on trouve le plus haut degré de volontaire, il insinue que l’homme est doté de la faculté du libre choix. Le libre arbitre est une « faculté de volonté et de raison ». L’homme qui agit librement, agit volontairement, car cela se passe sous la conjonction de la volonté et de l’intelligence. La perfection chez l’homme provient de la connaissance de la fin vers laquelle il se meut. Le principe de son action lui est intrinsèque contrairement aux animaux qui ne connaissent pas la fin vers laquelle ils se meuvent. Quant bien même leur mouvement peut venir du dedans, ils ne se meuvent pas eux-mêmes, parce qu’ils n’ont pas une connaissance intelligente de la fin.

Emmanuel AVONYO, op

 

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