« L’Etre éternel ou l’être qui est toujours, c’est celui qui n’a absolument aucune tendance à changer de nature, celui qui possède en entier sa propre vie, sans y rien ajouter ni dans le passé, ni dans le présent, ni dans l’avenir. Un tel être possède la perpétuité. La perpétuité c’est donc une manière d’être du sujet, manière d’être qui vient de lui et qui est en lui. L’éternité c’est el sujet lui-même, pris avec cette manière d’être qui se manifeste en lui. C’est pourquoi l’éternité est chose auguste; elle est identique à Dieu, la réflexion nous le dit; et il convient de dire qu’elle est Dieu lui même se montrant et se manifestant tel qu’il est; elle est encore l’Etre, en tant qu’immuable, identique à lui-même, et ainsi, doué d’une vie constante. Et si nous disons que cet être est pourtant fait de plusieurs, il ne faut pas s’en étonner; chaque être intelligible est multiple, parce qu’il a une puissance infinie; infinie dis-je, parce que rien ne lui manque; et il est par excellence l’être à qui rien ne manque, parce qu’il ne perd rien de lui-même. »
Plotin, Les Ennéades III, 7.
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