« L’individu apprend à s’appréhender lui-même à la fois comme possédant une valeur propre et comme étant un membre particulier de la communauté sociale dans la mesure où il s’assure progressivement des capacités et des besoins spécifiques qui le constituent en tant que personne grâce aux réactions positives que ceux-ci rencontrent chez le partenaire généralisé[1] de l’interaction. Ainsi, chaque sujet humain est-il fondamentalement dépendant du contexte de l’échange social organisé selon les principes normatifs de la reconnaissance réciproque. La disparition de ces relations de reconnaissance débouche sur des expériences de mépris et d’humiliation qui ne peuvent être dans conséquences pour la formation de l’identité de l’individu.»
[1] Dans le vocabulaire de G. H. Mead, l’ « autrui généralisé » désigne l’image typique ou moyenne de l’alter ego qui, acquise sur la base de l’expérience sociale concrète, est intériorisée par le sujet en tant que pôle de référence constante de son action et de son rapport à soi. Axel Honneth, « La théorie de la reconnaissance : une esquisse », op. cit., cf. Note 2.
Axel Honneth, « La théorie de la reconnaissance : une esquisse »
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