L ' A C A D E M O S

Pensée du 05 novembre 18

« La philosophie n’est pas une discipline scolaire, dépourvue de nerfs. Elle n’est que depuis peu le fait de professeurs et d’universitaires. Comment alors expliquer qu’elle soit si difficile à lire, à comprendre (à commenter aussi) ? Sa langue est celle de tous les jours ; elle n’a pas comme les mathématiques ou la médecine un langage qui lui serait propre. Et pourtant, elle paraît souvent inaccessible, tout en se référant sans cesse au « sens commun », à ce que tout un chacun peut vérifier, expérimenter – probablement pour éviter ce fonctionnement à vide du langage que nous avons évoqué. C’est que les choses sont non pas compliquées, mais jamais immédiates : ce qui semble évident ne l’est qu’au terme d’une longue réflexion. La philosophie refuse le règne du « C’est comme cela. » Ce qui va de soi ne va pas de soi pour le philosophe : il faut le long, le douloureux et patient travail du concept pour rejoindre ce qui paraît manifeste. Rien n’est immédiat, tout doit être pensé. Mais cela n’empêche pas les philosophes d’enfermer en une simple formule leurs plus grandes idées. Nous en avons choisi 100, du Xe siècle avant Jésus-Christ à nos jours, en Grèce, en Italie, en France, à Stuttgart, à Cordoue. Certaines sont très connues ; d’autres le sont moins parce que leurs auteurs ne sont pas suffisamment lus et étudiés ; beaucoup sont surprenantes, provocatrices. Toutes sont belles, toutes ont du style et témoignent de la « philosophie comme opéra », pour reprendre l’appréciation de Deleuze. »

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