« Les facultés les plus importantes, et celles qui sont communes et celles qui sont spéciales aux animaux, sont semble-t-il, communes à l’âme et au corps, par exemple la sensation, la mémoire, la passion, le désir et, en général, l’appétit, en outre, le plaisir et la peine ; en effet elles appartiennent à peu près à tout ce qui participe à la vie. De plus, il y a des fonctions communes, les unes, à tous les êtres qui jouissent de la vie, les autres, à quelques uns des animaux. Les plus essentielles forment précisément quatre couples, par exemple la veille et le sommeil, la jeunesse et la vieillesse, l’inspiration et l’expiration, la vie et la mort. […] Il est évident que les notions énoncées plus haut sont communes et à l’âme et au corps : en effet, toutes se manifestent, les unes, en même temps que la sensation, les autres, à la suite de la sensation. Quelques unes sont justement des manifestations de cette dernière, les autres, ses manières d’être, d’autres, sa garantie et sa sauvegarde, d’autres en sont la perte et la privation. Or, que la sensation n’arrive à l’âme que par le corps, c’est évident d’après le raisonnement et indépendamment du raisonnement. »