L ' A C A D E M O S

Pensée du 23 décembre 19

§35 — Je n’argumente pas contre l’existence d’aucune chose que nous puissions appréhender soit par les sens, soit par la réflexion. Je n’ai pas le moindre doute de l’existence effective des choses que je vois de mes yeux et je touche de mes mains. La seule chose dont nous nions l’existence, est celle que les philosophes appellent matière ou substance corporelle. (…)

§37 — On insistera sur ce qu’au moins il est vrai que nous rejetons toutes les substances corporelles. Je réponds que si l’on prend le mot substance dans son sens courant, comme une combinaison de qualités sensibles telles qu’étendue, solidité, poids, etc. – on ne peut nous accuser de les supprimer; mais si on le prend dans son sens philosophique, comme un soutien d’accidents et de qualités extérieurs à l’intelligence – alors certes, je le reconnais, nous les supprimons, si l’on peut dire qu’on supprime ce qui n’a jamais existé, non pas même dans l’imagination.

Berkeley, Traité sur les principes de la connaissance humaine, 1ère partie, 1710

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