« Tout besoin est culturel, et réciproquement, lorsqu’un besoin dit artificiel est absolument ancré dans les mœurs, il est devenu aussi prégnant qu’un besoin « naturel ». En principe la croissance technicienne, dans les pays où elle a eu lieu, a permis de répondre aux besoins naturels de l’homme, manger, boire, se vêtir, se protéger contre le froid et le chaud, être à l’abri des intempéries. Je sais que cette simple déclaration va provoquer des réactions, ce n’est pas vrai que dans notre monde tous aient cette satisfaction des besoins naturels. Ma réponse est simple. La différence avec les siècles passés est la suivante : autrefois quand il y avait une famine, c’était le destin, il n’y avait qu’à accepter cette fatalité, et faire son possible pour subsister. Aujourd’hui, une famine ou l’existence d’un quart-monde est un scandale qu’il faut immédiatement faire cesser ».
Jacques ELLUL, Le Bluff technologique, Hachette, pluriel, p. 471-472.
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