L ' A C A D E M O S

Pensée du 05 avril 19

« A l’extrême, est sacré tout ce qui … a un lien quelconque avec le mystère, ou avec la recherche du sens, ou avec l’invocation de la transcendance, ou avec l’absolutisation de certaines valeurs. Ce qui lie ensemble cet agrégat composite et non spécialisé, c’est qu’il occupe l’espace libéré par les religions institutionnelles. Le procès de différenciation et d’individualisation dans lequel s’inscrit l’avancée de la modernité a privé celle-ci de la main-mise qu’elles exerçaient sur les réponses aux questions existentielles fondamentales que rencontrent tous les groupes humains : comment affronter la mort ou le malheur ? Comment fonder les devoirs des individus envers le groupe, etc. ? Si l’on admet que l’ensemble de ces réponses religieuses constituait l’« univers sacré » des sociétés traditionnelles, on désignera comme « cosmos sacré des sociétés industrielles », « sacré moderne », sacré « diffus » ou « informel », sans s’appesantir davantage, l’ensemble des solutions de remplacement apportées aux mêmes questions dans les sociétés modernes. »

Danièle Hervieu-Léger, La religion pour mémoire, Cerf, Paris 1993, p. 66

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