De la nécessité d’une originalité africaine
« Les Africains doivent partir de ce qu’ils sont. Ils ne peuvent pas faire l’économie d’un inventaire réfléchi de leur être-au-monde, qui leur permette d’assumer, à bon escient, leur passé toujours présent en eux et autour d’eux ».
Hebga M., La rationalité d’un discours africain sur les phénomènes paranormaux, L’Harmattan, 1998, p. 8.
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GRILLE DE LECTURE
Ce que dit Hegba n’est pas anodin. Très souvent, trop souvent même, on croit en Afrique que l’ailleurs est meilleur que le chez-nous. Or, si l’Europe et les autres continents se sont développés, ce n’est qu’en ayant le regard ailleurs. Cela ne veut pas dire non plus qu’ils ont eu le regard que chez-eux, mais simplement, la jonction de l’ailleurs et du chez-eux, dans une synthèse dialectique sous-tendue par le désir d’être eux-mêmes et d’assumer leur être-au-monde a permis de les faire arriver à l’endroit où ils sont aujourd’hui. Il ne sert à rien de copier de façon moutonnière l’ailleurs sans regarder ce que ce dernier pourrait produire chez-nous. De même, il ne sert à rien de regarder ailleurs tant que les possibilités créatrices de chez-nous n’ont pas encore été épuisées. Ce n’est que dans ce sens que l’originalité est possible, sinon elle prend les sens de xénophobie ou d’aliénation.
Voir le blog de Jean Eric BITANG
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