« De deux choses l’une : ou bien l’artiste, et c’est le meilleur des cas, produit de scrupuleuses images, qui prises dans le sens de « l’imitation par copie », reproduisent les contenus de la réalité qui se donne à la perception sensible, mais ces contenus-là seulement, et correspondant aux choses ; dans ce cas, l’artiste se contente de redoubler inutilement le monde sensible qui de toute façon, n’est lui-même qu’une imitation des Idées, ou bien il engendre d’incertaines et trompeuses apparences qui, au sens où s’entend « l’imitation par simulacre », rapetissent ce qui est grand et grandissent ce qui est petit afin d’induire en erreur notre regard lui-même imparfait ; d’où il résulte que l’œuvre d’art augmente encore la confusion qui est dans notre âme et constitue par rapport à la vérité, et en deçà même du monde sensible, « une sorte de troisième terme éloigné de la vérité ». »
Erwin Panofsky, Idea. Contribution à l’histoire du concept de l’ancienne théorie de l’art, trad. H. Joly, Gallimard, 1989, p. 19.
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