Pensée du 02 septembre 19

La responsabilité en effet n’est pas un simple attribut de la subjectivité, comme si celle-ci existait déjà en elle-même, avant la relation éthique. La subjectivité n’est pas un pour soi ; elle est, encore une fois, initialement pour un autre. La proximité d’autrui est présentée (…) comme le fait qu’autrui n’est pas simplement proche de moi dans l’espace, ou proche comme un parent, mais s’approche essentiellement de moi en tant que je me sens – en tant que je suis – responsable de lui.
C’est une structure qui ne ressemble nullement à la relation intentionnelle qui nous rattache, dans la connaissance, à l’objet – de quelque objet qu’ils s’agisse, fût-ce un objet humain. La proximité en particulier, ne revient pas au fait qu’autrui me soit connu. Le lien avec autrui ne se noue que comme responsabilité, que celle-ci, d’ailleurs, soit acceptée ou refusée, que l’on sache ou non comment l’assumer, que l’on puisse ou non faire quelque chose de concret pour autrui.

Lévinas, Ethique et Infini, Paris, Fayard, 1982, p. 103.

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