Archive for novembre 22nd, 2009

Pensée du 22 novembre 09

« La personne humaine est un être doué d’une forme s’enracinant dans une intériorité, déterminé par l’esprit en tant qu’il subsiste en lui-même et dispose de lui-même »

Romano GUARDINI, Le monde et la personne

___________________________________________________________________

GRILLE DE LECTURE

Au sens étymologique, le mot personne qui vient du latin persona qui désigne les masques utilisés dans le théâtre antique pour permettre au public d’identifier le personnage que l’acteur incarnait sur scène. Ce masque servait également de porte-voix permettant ainsi aux spectateurs d’entendre les tirades déclamées par l’acteur. Cette notion de personnage a une dimension publique et sociale.

Quant à la pensée de Romano Guardini, elle semble nous suggérer que la personne est un absolu à l’égard de toute autre réalité matérielle ou sociale, et de toute autre personne humaine. Aucune autre personne, aucune collectivité, aucun organisme ne peut l’utiliser légitimement comme un moyen. L’homme est une forme, un individu doté d’une personnalité. Conçu comme une forme, l’homme est un être relationnel. Ses différents éléments constituent un système sous un double rapport structural et fonctionnel. L’homme s’insère lui-même comme un objet élaboré entre des objets élaborés, comme une unité mouvante entre des unités. L’être relationnel qu’est l’homme est doté de forme, c’est un être informé. Malgré son individualité, il n’est pas une figure opaque et fermée.

L’être individuel est certes déterminé par son centre, son intériorité d’où procèdent l’effort d’autoconstruction et le pouvoir de renfermement sur soi. L’intériorité permet à l’homme de se distinguer du monde extérieur et d’édifier son monde propre à lui à l’encontre des autres espèces. L’individualité fonde la valeur propre de l’homme. La personnalité humaine dépend de la caractérisation de l’individu par la conscience de soi. L’intériorité de l’homme n’est pas à confondre avec l’illusion d’une transparence totale à soi. L’homme qui prend conscience de son individualité réalise sa personnalité en société, dans le monde, selon Romano Guardini. Car une personne est un être social responsable de ses actes et de son être. C’est un être doué d’appréhension de sens. La personne est un sujet qui s’assigne la tâche de reconstruire le réel, le donné naturel par un effort de pensée, d’action et de création.

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 21 novembre

L’academos

____________________________________________________________________

Le billet de Mejnour 51

OMBRES ET LUMIERES

Fille de son temps, la philosophie s’est vue servir des causes de tous genres. On y a recouru pour des motifs plus ou moins nobles. C’est qu’aucune quête ne se réalise sans assumer quelques paradoxes.

La conscience philosophique est éminemment prométhéenne. C’est dire que le philosophe digne de ce nom est tenu d’assumer ses convictions, dût-il en mourir. Le philosophe devrait pouvoir dire non aux compromissions. Son activité devrait être entièrement consacrée à dispenser aux hommes les lumières de la connaissance.

Mais la condition humaine est fragile. A force de ruse, plus d’un pouvoir politique s’est assujetti le pouvoir philosophique. Malheureusement, par le fait de s’inféoder au politique la philosophie s’est aisément délestée de son étroite relation avec la liberté. C’est une ombre. Heureusement qu’il est encore des penseurs libres et hardis. Par qui les lumières de la sagesse éclairent la vie et l’histoire des hommes. Mejnour te salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

>>>VOIR LE BILLET DE MEJNOUR 50

>>>SOMMAIRE

>>> L’ACADEMOS

_________________________________________________________