Pensée du 27 décembre 09

« Si Dieu nous a faits à son image, nous le lui avons bien rendus. »

VOLTAIRE, Le sottisier

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GRILLE DE LECTURE

Supposons que Dieu soit considéré comme un simple concept, un concept vide, sans intuitions.  Dieu ne serait alors qu’un vain mot au sens où l’entend la doxa. Aujourd’hui, j’en suis certain, beaucoup croient que ce n’est pas qu’un truisme métaphysique que Dieu soit identifié à un concept vide, qu’il soit une pure représentation de l’esprit humain. Les pensées sans contenus (intuitions) sont vides et que les intuitions sans concepts sont aveugles. Un concept vide serait celui sous lequel le jugement n’unifie aucune donnée sensible. On ne pourrait avoir aucune expérience pratique de Dieu. L’opinion pense que tel serait le Dieu des philosophes, le Dieu des penseurs et des systèmes conceptuels. Or, bien plus que le concept vide de Dieu, c’est le silence sur Dieu qui semble prévaloir. Pour n’être pas vérifiable chez tous les philosophes, l’impossibilité du dire Dieu est professée par certains.

De Dieu, la philosophie des sciences préfère ne rien dire, elle opte pour le silence à l’école de Wittgenstein. Sur ce dont on ne peut rien dire, il faut garder le silence, préconise-t-elle. Peut-être parce qu’on en a aucune expérience au sens humien et kantien. Non seulement nos contemporains pensent qu’au silence de Dieu doit correspondre le silence sur Dieu, mais ils parlent de Dieu de façon irrévérencieuse, ils diffament Dieu, ils égrènent des chefs d’accusation contre lui, et c’est à peine que Dieu nait pas été re-condamné à mort après l’épisode de Pilate. Nietzsche proclame que le corps de Dieu est en putréfaction pour que vive le Surhomme. Alors que Dieu prétendait créer les hommes à son image et à sa ressemblance, les hommes sont assez malins pour se désolidariser de toute image invisible et de tout concept de Dieu, de ce Dieu cachottier. Affirmer publiquement son identité chrétienne devient une injure. La rhétorique est désormais bien proportionnée : plus de signes religieux ostensibles sur les places publiques. Dieu a créé l’homme à son image, et comment les hommes ne le lui auront-ils pas bien rendu ?

Emmanuel AVONYO, op

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