Pensée du 18 octobre 10

« Pour comprendre la vie psychique, il est indispensable de cesser de surestimer la conscience. Il faut voir dans l’inconscient le fond de cette vie psychique. »

Sigmund FREUD, L’état psychologique.

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GRILLE DE LECTURE

Pour Freud, l’inconscient constitue la forme fondamentale et essentielle du psychisme humain (structure mentale de l’homme). A cet effet, le problème de l’inconscient en psychologie est moins un problème psychologique que le problème de la psychologie elle-même. Certes, définir la psychologie comme l’étude de la conscience, c’est exclure d’emblée « l’inconscient psychique » expression qualifiée d’antinomique. Mais lorsque la psychologie est tenue communément pour la science des comportements, on peut parler d’inconscient psychique sans se contredire. Car un comportement peut être conscient mais sa véritable signification ne le serait pas ; à titre d’exemple, je peux avoir conscience des actes que j’accomplis mais ne pas m’apercevoir de la signification de ceux-ci. Le sens de mes propres actes m’est obscur alors qu’autrui le saisit peut-être clairement. Notre conscience est parfois recouverte de ce que nous pourrons appeler une ombre de lucidité, un incognito de la conscience. Charles Baudouin écrivait que l’inconscient est « la marge dont la conduite déborde la conscience ».

Il est donc indispensable de cesser de surestimer la conscience, car l’inconscient se donne à appréhender comme la distance qu’il y a entre l’interprétation naïve que je donne de mes actes et leur signification vraie, ou encore, l’écart entre mon aveuglement en plein jour et la lucidité d’autrui par rapport à mes actes. La psychanalyse se propose de nous faire découvrir le fond de la vie psychique. Elle est en effet une méthode de recherche psychologique destinée à révéler les préoccupations inconscientes que nous refusons de nous avouer nous-même, autrement dit, que nous refoulons. Elle nous aide à pénétrer « jusque dans les secrets » que nous craignons de savoir. Freud fait recours à cette méthode parce qu’il existe un certain nombre de faits psychiques inexplicables par la psychologie traditionnelle. C’est l’exemple des rêves, des névroses, des actes manqués, de l’oubli, des lapsi… Pour Freud, ces faits retrouvent leur signification profonde dans l’inconscient. Le moi conscient dépend dans une large mesure de l’inconscient indispensable pour la compréhension du psychisme humain.

 Emmanuel AVONYO, op

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