Pensée du 16 juin 11

« Le premier dogme qui s’offre à moi, lorsqu’on me parle de religion, est celui de l’existence de Dieu : comme il est la base de tout l’édifice, c’est par son examen que je dois raisonnablement commencer. Ô Juliette ! n’en doutons pas, ce n’est qu’aux bornes de notre esprit qu’est due la chimère d’un Dieu ; ne sachant à qui attribuer ce que nous voyons, dans l’extrême impossibilité d’expliquer les inintelligibles mystères de la nature, nous avons gratuitement placé au-dessus d’elle un être revêtu du pouvoir de produire tous les effets dont les causes nous étaient inconnues. »

Marquis de Sade, « Dieu, l’immortalité de l’âme et autre chimères », in Histoire de Juliette, ou les prospérités du vice.

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One response to this post.

  1. Posted by Arnauld du PLESSIX on juin 16, 2011 at 8:28 am

    Bonjour,

    Le marquis de SADE semble donc dire que notre esprit crée un Dieu et l’habille dès lors que celui-ci
    (l’esprit humain) se trouve être aux limites de la compréhension de l’existence de l’être étant là !
    Mais plus en amont n’est-il pas alors dans la reconnaissance universelle que quelque chose existe que par ce qu’elle a été créée. Et ne nous retrouvons nous pas avec la pensée traduite ces derniers jours sur ce site de savoir reconnaître « le faire de l’agir ».
    En effet, est-il possible de créer sans cette obligation de l’agir…l’agir ayant cette « intime conviction » personnelle – proche du JE… de ce que je vais faire.
    La pensée du « pourquoi suis-je là » est le résultat d’une confrontation avec le « résultat de la chose faite » ou des « choses faites »…de surcroît ne venant pas de soi. Ainsi, de la chose faite…je me réalise . Chose admirable de se comprendre à partir non pas de soi…mais de l’autre. D’où cette recherche permanente d’ouvrit cette reconnaissance à un niveau 2…non plus des êtres et des choses…mais d’un Autre ETRE car notre esprit est passé par une première proposition « immédiate » où il renverse la donne entre sujet/objet. Ce clic-clac sur l’intelligence humaine défit notre entendement et nous revient en permanence car il fait partie du prolongement de notre propre existence comme elle peut l’être entre un père et un enfant. Ne dit-on pas d’ailleurs que « l’enfant est le père de l’homme » ! Ce besoin de créer ou d’avoir été créé sont les revers d’une médaille. Ce « Qui » ? hante les esprits évidemment. La création de « chimère » au seuil et « aux bornes de notre esprit » n’est alors que le CLAC d’un CLIC dont on ne sait comment faire pour trouver son visage (« qui »).

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