Pensée du 23 août 11

« Thalès observait les astres et, comme il avait les yeux au ciel, il tomba dans un puits. Une servante de Thrace, fine et spirituelle, le railla, dit-on, en disant qu’il s’évertuait à savoir ce qui se passait dans le ciel, et qu’il ne prenait pas garde à ce qui était devant lui et à ses pieds. La même plaisanterie s’applique à tous ceux qui passent leur vie à philosopher. Il est certain, en effet, qu’un tel homme ne connaît ni proche, ni voisin ; il ne sait pas ce qu’ils font, sait à peine si ce sont des hommes ou des créatures d’une autre espèce ; mais qu’est-ce que peut être l’homme et qu’est-ce qu’une telle nature doit faire ou supporter qui la distingue des autres êtres, voilà ce qu’il cherche et prend peine à découvrir.

Plaaton, Le Théétète

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2 responses to this post.

  1. Merci pour cette belle et inspirante pensée ! Je la ressens comme un signe à l’attention de toutes les personnes attirées par la pensée, la philosophie(dont je fais partie aussi!) : attention de ne pas tomber dans le piège d’une philosophie aux raisonnements trop abstraits , trop désincarnés, éloignés d’une véritable connaissance de la nature humaine et de sa complexité déjà bien réelle ,effective, prenons aussi conscience de la complexité même de ce réel .

    Bien amicalement,
    Dominique Giraudet

  2. Merci Dominique, toute philosophie devrait être une philosophie de l’incarnation, de l’enracinement dans une sphère du réel. C’est peut-être ce que le réalisme d’Aristote, après l’idéalisme de Platon, peut nous apprendre. Et c’est déjà l’enseignement de cet extrait du Théétète.

    Bien à vous !
    Emmanuel

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