Foi et intellection
« Je prends le mot foi dans le sens d’acceptation des mystères. Si les mystères sont saisis par la raison, il n’y a plus foi, mais intellection ».
Towa M., L’idée d’une philosophie négro-africaine, Yaoundé, CLE, 1997, p. 110.
_____________________________________________________________________________________________
GRILLE DE LECTURE
On entend dire en philosophie que la foi n’est pas incompatible avec la raison et que les deux facultés fonctionnent ensemble. Augustin va même jusqu’à dire que la foi « complète » la raison. Mais M. Towa a une approche toute autre du rapport entre la raison et la foi. La réalité est que la limite entre les deux est dans la nature des énoncés que professent chacune des deux facultés. La raison met l’accent sur le compréhensible, le logique, alors que la foi est avant tout foi dans l’incompréhensible, dans l’inconnu, dans le mystère. Et, si par impossible les deux facultés se rejoignent, c’est la raison qui gagne le brassage – ou le bras de fer – et le produit est l’intellection. L’intellection, ce n’est rien d’autre que la rationalisation de la foi, c’est-à-dire le recul du mystère.
JEAN ERIC BITANG