« Toute enquête métaphysique sur Dieu procède pour Duns Scot de la manière suivante : on considère la raison formelle de quelque chose, on ôte de cette raison formelle l’imperfection qu’elle aurait dans les créatures, on pose cette raison formelle à part en lui attribuant la perfection absolument suprême, et on l’attribue à Dieu sous cette forme. Soit par exemple la raison formelle de sagesse (d’intelligence) ou de volonté : considérée en elle-même et pour elle-même, elle n’inclut ni imperfection ni limitation ; une fois écartées les imperfections qui l’accompagnent dans les créatures, on l’attribue à Dieu en la portant au suprême degré de perfection. Toute enquête sur Dieu suppose donc que l’intellect y ait le même concept univoque qu’il tire des créatures. »
Etienne GILSON, Jean Duns Scot: introduction à ses positions fondamentales, Paris, J. Vrin, 1952.
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