Pensée du 09 janvier 18

25. Les deux aspects de la conscience de soi, celui qui pose et celui qui supprime, sont donc liés l’un à l’autre de façon immédiate. La conscience de soi se pose par négation de l’altérité et elle est conscience pratique. Ainsi, alors que, dans la conscience proprement dite, appelée aussi théorique, les déterminations de cette conscience et celles de l’objet se modifiaient en elles mêmes, c’est maintenant la conscience même qui, par son activité, produit pour elle-même cette modification. Elle a conscience que c’est à elle qu’incombe cette activité supprimante. Le concept de conscience de soi contient la détermination de la différence non encore réalisée. Dans la mesure ou cette différence, absolument parlant, se manifeste en elle, elle a le sentiment d’une altérité en elle-même, d’une négation d’elle-même, c’est-à-dire le sentiment d’un manque, un besoin. 26. Ce sentiment qu’elle a de son altérité contredit à son égalité avec elle-même. La tendance est la nécessité sentie de supprimer cette contradiction. La négation ou altérité se représente à elle comme conscience, comme une réalité extérieure, distincte d’elle, mais déterminée par la conscience de soi, 1° comme conforme à la tendance, et 2° comme une réalité en elle même négative et dont la subsistance doit être supprimée par le soi et posée dans l’égalité avec lui. 27. Ainsi l’activité du désir supprime l’altérité de l’objet, sa subsistance, absolument parlant, et elle l’unit au sujet, ce qui entraîne la satisfaction du désir. Par conséquent, 1° ce désir est conditionné par un objet extérieur qui, en face de lui, subsiste indifférent, c’est-à-dire par la conscience, — 2° son activité ne produit la satisfaction »

Hegel, Propédeutique philosophique, Premier degré.

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