Pensée du 14 septembre 18

« L’agréable et le bon se rapportent tous deux à la faculté de désirer et entraînent, celui-là (par ses excitations, per stimulos) une satisfaction pathologique, celui-ci une satisfaction pratique pure, qui n’est pas simplement déterminée par la représentation de l’objet, mais aussi par celle du lien qui attache le sujet à l’existence même de cet objet. Ce n’est pas seulement l’objet qui plaît, mais aussi son existence. Le jugement de goût, au contraire, est simplement contemplatif : c’est un jugement qui, indifférent à l’égard de l’existence de tout objet, ne se rapporte qu’au sentiment du plaisir ou de la peine. Mais cette contemplation même n’a pas pour but des concepts, car le jugement de goût n’est pas un jugement de connaissance (soit théorique, soit pratique), et par conséquent il n’est point fondé sur des concepts et ne s’en propose aucun. »

Kant, Critique de la faculté de juger, Analytique du beau, §5, 1790

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