Pensée du 26 octobre 18

« Autrefois, il n’y avait pas de moyens pour rendre les gens heureux, et la quête du bonheur était alors beaucoup plus une affaire personnelle, de culture, de spiritualité, d’ascèse, de choix d’un genre de vie. Depuis presque deux cents ans nous avons les moyens (techniques) de mettre le bonheur à la portée de la main de tous. Bien entendu, ce n’est pas tout à fait la même chose. Le bonheur consistera à combler les besoins, à assurer du bien-être, à atteindre l’opulence et aussi la culture, la connaissance. Le bonheur n’est plus un état intérieur, mais une activité de consommation. Avant tout la réponse aux besoins : bien que ce soit un lieu commun, il n’est pas inutile de rappeler que l’on doit distinguer (ce qui a été contesté) les besoins de base, ou primaires, ou naturels, et puis les besoins nouveaux, secondaires ou artificiels. Cette distinction a été vivement contestée en ce que, dit-on, les besoins soi-disant naturels sont en réalité modelés par une culture donnée. »

Jacques ELLUL, Le Bluff technologique, Hachette, pluriel, p. 471-472.

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