« Puisque l’intellect humain passe de la puissance à l’acte, il ressemble pour une part à toutes les choses soumises à la génération, qui n’atteignent pas d’un seul coup leur perfection, mais l’acquière par des actes successifs. C’est d’une manière semblable que l’être humain ne possède pas d’un seul coup, dans sa première appréhension, une connaissance parfaite de la chose. Mais d’abord il appréhende quelque chose d’elle, à savoir la quiddité de la chose elle-même, qui est l’objet propre et premier de l’intellect ; ensuite il comprend des propriétés, des accidents et des rapports divers qui entourent l’essence de la chose. Pour cela il est nécessaire qu’il compose ou qu’il divise un concept avec un autre ; et qu’il passe d’une composition ou d’une division à une autre, ce qui est raisonner».
Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Ia, qu. 85, a. 5, c.
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