Pensée du 09 juin 19

« En ce qui concerne la deuxième maxime, nous sommes d’autre part déjà habitués à qualifier d’étroit (borné, le contraire d’ouvert) celui dont les talents ne peuvent être employés à de grandes choses (particulièremet à ce qui exige qu’il en fasse un usage intensif). Il n’est pas question ici de la faculté de connaissance, mais de la manière de penser et de faire de la pensée un usage conforme à une fin ; c’est ce que révèle l’ouverture d’esprit d’un homme – si limités que soient l’ampleur et le degré des capacités propres à nos dons naturels – lorsqu’il est à même de s’élever au-delà des conditions subjectives, d’ordre privé, du jugement, dont restent en quelque sorte prisonniers tant d’autres, et lorsqu’il réfléchit sur son propre jugement à partir d’un point de vue universel (qu’il ne peut déterminer qu’en se mettant à la place des autres). La troisième maxime, celle de la pensée conséquente, est celle à laquelle il est le plus difficile d’obéir ; on ne peut y parvenir qu’en liant les deux première et après les avoir pratiquées assz souvent pour en avoir acquis la maîtrise. On peut dire que la première maxime est celle de l’entendement, la deuxième, celle de la faculté de juger, la troisième celle de la raison. »

E. KANT, Critique de la faculté de juger, I, Analytique du sublime, 40, in Oeuvres, Paris, Gallimard, Bibl. de la Pléiade, t. 2, pp. 1073-1074.


Laisser un commentaire