Pensée du 09 mars 20

« Quand l’entendement ose à l’extrême, alors il atteint ses propres limites. Il prend son départ pour trouver la vérité la plus haute et définitive, et découvre que tout notre savoir est du travail partiel. C’est alors que se brise l’orgueil, et que nous voyons une double possibilité : ou bien il tourne en désespoir, ou bien il s’incline, plein de respect, devant la vérité insondable, et accueille humblement dans la foi ce que l’activité naturelle de l’intelligence ne peut pas conquérir. L’intellectuel prend alors, à la lumière de la vérité éternelle, l’attitude juste face à son propre intellect (…)D’un autre côté il reconnaît l’étendue légitime de l’activité naturelle de la raison, et y accomplit sa tâche tel le paysan labourant son champ, comme quelque chose qui est bon et utile, mais clos à l’intérieur de frontières resserrées, comme toute œuvre humaine. Celui qui est arrivé jusque-là ne traitera plus personne de haut. Il aura cette humanité naturelle et sans apprêt, la simplicité profonde et sans feinte qui sans embarras et sans entraves franchit toutes les barrières. Il pourra user, sans timidité, parmi le peuple de sa langue d’intellectuel parce qu’elle lui est aussi naturelle qu’au peuple la sienne, et parce que visiblement sa langue n’est pas pour lui supérieure. (

Edith Stein (ESGA 9)


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