Archive for the ‘PHILOSOPHIE’ Category

Pensée du 25 décembre 17

« Quand au terme d’une évolution longue et pénible, poursuivie de jour en jour, on est parvenu à rejoindre en soi-même ces sources originelles que j’ai choisi d’appeler Dieu, et que l’on s’efforce désormais de laisser libre de tout obstacle ce chemin qui mène à Dieu (et cela, on l’obtient par un travail intérieur sur soi-même), alors on se retrempe constamment à cette source et l’on n’a plus à redouter de dépenser trop de forces ».

Etty Hillesum, Une vie bouleversée. Journal 1941-1943. 

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Pensée du 24 décembre 17

« En ce qui concerne d’abord cette galerie d’opinions que présenterait l’histoire de la philosophie – sur Dieu, sur l’essence des objets de la nature et de l’esprit – ce serait, si elle ne faisait que cela, une science très superflue et très ennuyeuse, alors même qu’on invoquerait la multiple utilité à retirer d’une si grande animation de l’esprit et d’une si grande érudition. Qu’y a-t-il de plus inutile, de plus ennuyeux qu’une suite de simples opinions ? On n’a qu’à considérer des écrits qui sont des histoires de la philosophie, en ce sens qu’ils présentent et traitent les idées philosophiques comme des opinions, pour se rendre compte à quel point tout cela est sec, ennuyeux et sans intérêt. Une opinion est une représentation subjective, une idée quelconque, fantaisiste, que je conçois ainsi et qu’un autre peut concevoir autrement. Une opinion est mienne ; ce n’est pas une idée en soi générale, existant en soi et pour soi. Or la philosophie ne renferme pas des opinions, il n’existe pas d’opinions philosophiques.

Hegel, Introduction du cours de Berlin, commencé le 24/10/1820, in Leçons sur l’histoire de la philosophie 1, Gallimard, Idées, 1954, p. 42.

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Pensée du 23 décembre 17

« Vous désirez aimer bien celui ou celle que vous aimez. Il y a une seule façon de vraiment l’aimer, c’est de disparaître en sa faveur. Nous sommes construits pour donner notre vie les uns pour les autres. C’est un monde de vie merveilleux. Je regarde mon jeune ami à côté de moi. Pour enregistrer son visage, je suis obligé de mourir en tant que Douglas, je donne ma vie pour lui. Chacun de nous disparaît en faveur de l’autre. Nous sommes construit pour l’amour. Je ne parle pas du sentiment. Je parle du terrain sur lequel l’amour peut pousser et fleurir. Ici, je suis vraiment accueil pour lui, non que je sois quelqu’un de gentil. Je ne le suis pas. Douglas n’est pas une personne très gentille. Mon ami n’est pas parfait non plus. Il a l’air très sympathique, mais il n’est pas parfait. Pourtant il est construit pour l’amour…  L’un des moyens les plus merveilleux de retrouver ce dont nous parlons en ce moment, c’est lorsque nous avons quelqu’un en face de nous. Peut être quelqu’un que vous aimez, peut-être quelqu’un avec qui vous avez de terribles problèmes. Comment aborder ces problèmes ? Comment détendre l’atmosphère, réduire la tension ? En voyant ce qui est, c’est-à-dire que vous n’affrontez pas cette personne, mais êtes complètement grand ouvert pour l’accueillir. Littéralement explosé. C’est vrai, n’est-ce pas ? Vous n’avez jamais affronté qui que ce sont dans votre vie ».

 Harding Douglas, L’immensité intérieure p. 36-37.

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Pensée du 22 décembre 17

Le Temps encore toi

Le temps d’y penser et c’est déjà passé

Ne pas choisir ; ne pas agir ; ne pas vivre et voilà que l’on pense ; que l’on voit

Lorsque je détends mes nerfs au maximum de la détente, alors j’y vois tellement plus clair ; la jouissance s’apparentant à une existence monophasé

Ainsi lorsque l’on n’agit point l’on meurt

C’est si simple que cela en est inquiétant

J’ai voyagé dans les signes, mais ils me pointèrent inexorablement un but

Maintenant que je suis seul et je suis bien, car avec les autres je tends vers ce moment

Il est toujours opportun d’être bienveillant

voir ce qui peut être dévoilé

C’est un état qui ne réclame ou ne prends ni même ne donne car c’est entier ;

Et comme dans tout ensembles il y a du sens…j’imagine..

L’artiste peut se targuer d’avoir choisit !

Car nous ne sommes nous les autres que des envieux immobiles

Les images vident, et les sons inaudibles, ou bien tout en faits le contraire

Le temps fait trop parler de lui ; prenons sa place

Ressentir l’après c’est éprouver le commencement

Chaque idée pure devrait être vécue sans concessions

L’humanité sur la mécanique

Réinventons nos instants

Soudoyons nos fiertés à la solde de notre humilité

 

MUMIAH

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Pensée du 21 décembre 17

« Si je peux bien vouloir la violence, je ne peux en aucune manière vouloir une loi universelle qui commanderait d’être violent. D’abord, tout simplement, parce que je ne peux pas vouloir que l’autre homme recoure à la violence à mon encontre pour satisfaire ses propres besoins. En revanche, je peux vouloir que la maxime de non-violence qui exige de moi que j’agisse en respectant l’humanité de l’autre homme devienne une loi universelle. Il apparaît alors clairement que la non-violence est une loi universelle, c’est-à-dire le principe objectif d’après lequel tout être raisonnable doit agir ».

Emmanuel Kant, Fondements de la Métaphysique des mœurs, Delagrave, p. 105.

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Pensée du 20 décembre 17

« Tout comme l’œil du corps a besoin de la lumière, l’œil de l’âme en exige, au-delà d’un simple besoin. Car c’est de la lumière intérieure, pour autant qu’elle ne se donne pas a priori comme le soleil astral qui éclaire nos jours, mais exige de l’homme un constant et permanent effort d’accession, dans la mesure ou la subtilité de l’abstraction, pour laquelle cette lumière est donnée, n’est possible que dans un éclairage substantiel. La particularité de la lumière intérieure se trouve dans un aller-retour entre elle et l’abstraction. Plus l’effort à l’abstraction est déterminant, mieux elle éclaire pour rendre permanent cet effort où se construit sens et humanité du sens. N’est-ce pas cela même penser ? »

Pr Jean Gobert TANOH, « Dignité et abstraction », Colloque sur les politiques de la dignité, 31 mai au 04 juin 2016 – Université de Cocody – Abidjan (Côte d’Ivoire).

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Texte intégral

 

Pensée du 19 décembre 17

» Le freudisme, si fameux, est un art d’inventer en chaque forme un animal redoutable, d’après des signes tout à fait ordinaires, les rêves sont de tels signes, les hommes ont toujours interprété leurs rêves, d’où un symbolisme facile. Freud se plaisait à montrer que ce symbolisme facile nous trompe et que nos symboles sont tout ce qu’il y a d’indirect. Les choses de sexe échappent évidemment à la volonté et à la prévision, ce sont des crimes de soi, auxquels on assiste. On devine par là que ce genre d’instinct offrait une riche interprétation. L’homme est obscur à lui-même, cela est à savoir. Seulement il faut éviter ici plusieurs erreurs que fonde le terme inconscient. La plus grave de ces erreurs est de croire que l’inconscient est un autre moi, un moi qui a ses préjugés, ses passions, et ses ruses, une sorte de mauvais ange, diabolique conseiller. Contre quoi il faut comprendre qu’il n’y a pas de pensées en nous sinon par l’unique sujet, Je, cette remarque est d’ordre moral. »

Alain

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Pensée du 18 décembre 17

« L’idée principale est la suivante: quand un certain nombre de personnes s’engagent dans une entreprise de coopération mutuellement avantageuse selon des règles et donc imposent à leur liberté des limites nécessaires pour produire des avantages pour tous, ceux qui se sont soumis à ces restrictions ont le droit d’espérer un engagement semblable de la part de ceux qui ont tiré avantage de leur propre obéissance. Nous n’avons pas à tirer profit de la coopération des autres sans contrepartie équitable. Les deux principes de la justice définissent ce qu’est une contrepartie équitable dans le cas des institutions de la structure de base. Ainsi, si le système est juste, chacun recevra une contrepartie équitable à condition que chacun (y compris lui-même) coopère. »

John Rawls, Théorie de la justice

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Pensée du 17 décembre 17

« Je puis voir une éclipse, ou simplement un beau soleil qui sèche le grain, au lieu de cette tempête grondeuse et pleureuse: je puis, à force de vouloir, espérer et croire enfin que les choses iront comme je veux, mais elles vont leur train. D’où je vois bien que ma prière est celle d’un nigaud. Mais quand il s’agit de mes frères les hommes, ou de mes sœurs les femmes, tout change. Ce que je crois finit souvent par être vrai. Si je me crois haï, je serais haï, pour l’amour, de même. Si je crois que l’enfant que j’instruis est incapable d’apprendre, cette croyance écrite dans mes regards et dans mes discours le rendra stupide, au contraire, ma confiance et mon attente est comme le soleil qui mûrira les fleurs et les fruits du petit bonhomme. Je prête, dites-vous, à la femme que j’aime, des vertus qu’elle n’a point, mais si elle sait que je crois en elle, elle les aura. Plus ou moins, mais il faut essayer: il faut croire. Le peuple méprisé, est bientôt méprisable, estimez-le, il s’élèvera. La défiance a fait plus d’un voleur, une demi confiance est comme une injure, mais si je savais la donner toute, qui donc me tromperait? Il faut donner d’abord. »

Alain

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Pensée du 16 décembre 17

« Celui qui cherche l’esprit à travers le monde comme une réalité actuelle a beau jeu pour montrer qu’il ne le trouve jamais. Le monde que nous avons sous les yeux est par lui-même dépourvu de spiritualité, mais précisément parce que l’esprit est une vie qui doit pénétrer le monde, lui donner un sens et le réformer. L’esprit n’est pas une chose que l’on montre, mais une activité que l’on exerce, en faveur de laquelle on opte et pour laquelle on parie. Il n’est que pour celui qui le veut et, en le voulant, le fait être. Il se dérobe devant celui qui le nie. Il témoigne encore de ce qu’il est en refusant qu’on le trouve où il n’est pas ».

Louis Lavelle, Le mal et la souffrance.

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