Archive for the ‘PHILOSOPHIE’ Category

Pensée du 10 septembre 17

« L’humanité s’use dans une multitude de petits combats ridicules, alors qu’il y a un grand combat que l’humanité ne peut gagner qu’en étant unie. C’est pour cela que je dis que le problème, ce n’est pas un problème de théorie économique… Le problème n’est même pas une théorie de la politique, encore que cette théorie de la politique serait bien nécessaire parce que nos vieilles théories de la politique ne cadrent plus dans cette mutation du monde. Elles sont périmées, elles sont trop courtes.»

Pierre-Paul Misséhoungbé (dir.), Le père Lebret, un dominicain économiste au Sénégal (1957-1963), Fraternité Saint Dominique, Dakar, 2007.

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Pensée du 09 septembre 17

« Le travail du savant consiste à avancer des théories et à les soumettre à des tests. Le stade initial, cet acte de concevoir ou d’inventer une théorie, ne me semble pas requérir une analyse logique ni même être susceptible d’en être l’objet. La question de savoir comment une idée nouvelle peut naître dans l’esprit d’un homme – qu’il s’agisse d’un thème musical, d’un conflit dramatique ou d’une théorie scientifique – peut être d’un grand intérêt pour la psychologie empirique mais elle ne relève pas d’analyse logique de la connaissance scientifique. »

Karl Raimund POPPER, La logique de la découverte scientifique

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Pensée du 08 septembre 17

« Il est unanimement reconnu que les pays du Nord ont une responsabilité dans le développement des pays du Sud, ne serait-ce que parce que leurs évolutions et leurs décisions conditionnent très largement l’environnement dans lequel peut se faire ce développement, mais aussi parce que l’histoire de la colonisation et de l’impérialisme a profondément marqué les institutions actuelles des pays du Sud. » 

Denis COGNEAU, Sylvie LAMBERT, « DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL – Développement des pays du Sud  », Encyclopædia Universalis

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Pensée du 07 septembre 17

« Lorsque je songe aux petites passions des hommes de nos jours, à la mollesse de leurs mœurs, à l’étendue de leurs lumières, à la pureté de leur religion, à la douceur de leur morale, à leurs habitudes laborieuses et rangées, à la retenue qu’ils conservent presque tous dans le vice comme dans la vertu, je ne crains pas qu’ils rencontrent dans leurs chefs des tyrans, mais plutôt des tuteurs. Je pense donc que l’espèce d’oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l’a précédée dans le monde; nos contemporains ne sauraient en trouver l’image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l’idée que je m’en forme et la renferme; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tacher de la définir, puisque je ne peux la nommer. »

Extrait de De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie, Chapitre VI (1840).

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Pensée du 06 septembre 17

“Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie. Au-dessus de ceux-la s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir.

Extrait de De la Démocratie en Amérique, vol II, Quatrième Partie, Chapitre VI (1840). _____________________________________________________________________

Pensée du 05 septembre 17

« Je veux vous dire tout de suite quelle sorte de grandeur nous met en marche. Mais c’est vous dire quel est le courage que nous applaudissons et qui n’est pas le vôtre. Car c’est peu de chose que de savoir courir au feu quand on s’y prépare depuis toujours et quand la course vous est plus naturelle que la pensée. C’est beaucoup au contraire que d’avancer vers la torture et vers la mort quand on sait de science certaine que la haine et la violence sont choses vaines par elles-mêmes. C’est beaucoup que de se battre en méprisant la guerre, d’accepter de tout perdre en gardant le goût du bonheur, de courir à la destruction avec l’idée d’une civilisation supérieure. »

A. Camus, Lettres à un ami allemand

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Pensée du 04 septembre 17

« La philosophie est une pensée ; cela se fait avec des mots et des raisonnements. La sagesse serait plutôt un certain type de silence. La philosophie est un travail ; la sagesse, un repos. Mais la philosophie, ses concepts et ses arguments, tendent vers la sagesse et la préparent, afin de faire advenir ce silence en soi. Et vous savez comme moi que se taire, y compris intérieurement, est une des choses les plus difficiles qui soient. Philosopher, c’est parler pour se taire ; le contraire donc du bavardage, qui consiste à parler pour parler. C’est pourquoi la philosophie est nécessaire, et c’est pourquoi elle ne suffit pas. Comment, en multipliant les mots, pourrait-on faire un silence ? Comment, à force de travail, pourrait-on obtenir un repos ? Il faut donc autre chose, non à la place de la philosophie, mais en elle ou à côté : c’est ce que j’appelle la spiritualité ou la méditation. »

André Comte-Sponville, « Spiritualité sans Dieu »

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Pensée du 03 sepembre 17

« Un honnête homme n’est pas obligé d’avoir vu tous les livres, ni d’avoir appris soigneusement tout ce qui s’enseigne dans les écoles ; et même ce serait une espèce de défaut en son éducation, s’il avait trop employé de temps en l’exercice des lettres. Il y a beaucoup d’autres choses à faire pendant sa vie, au cours de laquelle doit être si bien mesuré, qu’il lui en reste la meilleure partie pour pratiquer les bonnes actions, qui lui devraient être enseignées par sa propre raison, s’il n’apprenait rien que d’elle seule. Mais il est entré ignorant dans le monde et la connaissance de son premier âge n’étant appuyée que sur la faiblesse des sens et sur l’ autorité des précepteurs, il est presque impossible que son imagination ne se trouve remplie d’une infinité de fausses pensées, avant que cette raison en puisse entreprendre la conduite: de sorte qu’il a besoin par après d’un très grand naturel, ou bien des instructions de quelque sage, tant pour se défaire des mauvaises doctrines dont il est préoccupé, que pour jeter les premiers fondements d’une science solide, et découvrir toutes les voies par où il puisse élever sa connaissance jusqu’au plus haut degré qu’elle puisse atteindre ».

René Descartes, Discours de la Méthode

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Pensée du 02 septembre 17

« La philosophie sociale du sens commun s’alimente rarement de notions proprement scientifiques. Que nous les ayons conquises par notre expérience personnelle, ou, comme il arrive plus souvent, reçues toutes faites de quelque tradition collective, les idées qui fondent nos différents jugements sociaux reposent rarement elles-mêmes sur un nombre suffisant d’observations comparées et critiquées. Le plus souvent notre champ est restreint, et nous en cueillons les fleurs sans tri, au hasard de la vie. Imaginons qu’au lieu de connaître uniquement, et vaguement, telle ou telle famille, telle église, tel marché, tel gouvernement, nous possédions des renseignements, précis et contrôlés, sur les différents types de souveraineté, sur les différents systèmes de production et d’échange, sur les différentes catégories de dogmes et de rites, sur les différentes espèces d’organisation familiale, sur les diverses formes, enfin, de la vie domestique ou politique, économique ou religieuse. »

Célestin Bouglé, Qu’est-ce que la sociologie ?

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Pensée du 01 septembre 17

  « Je ne me suis jamais cru obligé de ne pas changer d’avis. Mon amour de la vérité m’y autorise. Ce que je pense et ressens à un moment donné sur telle question, je me dois de le dire sans être prisonniers des idées que j’ai déjà exprimées à ce propos… à mesure que j’y vois plus clair, grâce à ce que je découvre chaque jour, il est normal que mes point de vue se précisent davantage. Et là où j’ai délibérément changé d’avis, le changement d’attitude devrait aller de soi. Seul un oeil attentif ne saurait y voir d’une évolution graduelle sans solution de continuité… Je ne me soucie nullement de vouloir paraître conséquent. Dans ma recherche de la vérité, je me suis défait de beaucoup d’idée et j’ai appris beaucoup de choses nouvelles… Au moment de prendre la plume, je ne pense jamais à ce que j’ai dit avant. Je cherche à être en accord non pas avec mes précédentes déclaration mais avec la vérité telle qu’elle se présente à moi à un moment donné. Cette attitude m’a permis d’évoluer en vérité et d’épargner à ma mémoire des efforts inutiles. Et qui plus est, chaque fois qu’il m’a fallu comparer ce que ‘j’ai écrit, même il y a plus de cinquante ans, avec mes plus récentes déclarations, je n’y ai pas découvert la moindre contradiction ».

Gandhi, Tous les hommes sont frères, Gallimard, p. 229, 231.

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