« J’entends par synthèse, dans le sens le plus général de ce mot, l’acte d’ajouter l’une à l’autre diverses représentations et d’en comprendre la diversité dans une connaissance. »
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, PUF, 2004, p. 92.
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GRILLE DE LECTURE
La détermination de l’origine de notre connaissance est l’un des principaux points d’intérêt de la Critique de la raison pure. Pour constituer une connaissance, les représentations que nous avons des objets sont assemblées et liées au cours d’une opération que Kant désigne par « synthèse » de l’imagination. Sans « la compréhension des diverses représentations » sensibles données par l’intuition, aucune connaissance intellectuelle n’est possible. La synthèse du divers sensible succède en effet à la donation a priori du divers de l’intuition. La synthèse, qui s’effectue au moyen de la fonction de l’imagination, consiste selon Kant à réunir les divers éléments constitutifs des connaissances, à les unifier pour leur donner un certain contenu. Une synthèse est pure lorsque le divers qui la constitue n’a pas été donné empiriquement mais a priori. C’est ce que précise Kant en ces termes : « J’entends par cette synthèse, celle qui repose sur un principe d’unité synthétique a priori. » Il importe de noter que la connaissance qu’offre la synthèse est d’abord une connaissance primaire, confuse, qui a besoin d’être analysée.
Autrement dit, la synthèse pure des représentations doit encore être ramenée analytiquement à des concepts. Kant affirme que « les concepts qui fournissent de l’unité à cette synthèse pure et qui consistent uniquement dans la représentation de cette unité synthétique nécessaire sont la troisième chose indispensable pour la connaissance d’un objet. » Cette troisième étape, relative à l’entendement, vise à ramener la synthèse spontanée de l’imagination (l’association spontanée des idées représentées) à des concepts. Il est indispensable que les concepts puissent fournir une unité à la synthèse pure. La pensée ne connaît que des concepts. La synthèse des concepts, quant à elle, une forme logique : Kant l’appelle catégorie. La catégorie est la forme logique du concept en général. Les catégories rendent compte des différents aspects de la même fonction synthétique de l’entendement. Kant les aborde dans la Logique transcendantale, un chapitre de la théorie de la connaissance portant sur les éléments logiques de la pensée. Cela rappelle évidemment la Logique de Hegel ou encore la Logique transcendantale de Husserl.
Emmanuel AVONYO, op
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