« (…) Les humains préfèrent encore que le malheur soit la rétribution d’une faute ou d’une erreur, plutôt que d’accepter qu’il soit dénué de toute signification. C’est pourquoi, sous cette loi de la rétribution totale, l’échange a toujours la forme d’une surenchère : pour que l’échange remplisse sa fonction, il doit réintégrer cette marge, et donc augmenter (…) Si l’amour est cette faculté que nous avons de transgresser la loi de l’échange, d’aimer nos ennemis, il opère une sorte de rupture avec la logique de la surenchère et de l’irréversible. Par cette rupture, par ce « pardon », nous refusons de haïr l’ennemi au– delà du mal que nous lui faisons. Au fond l’impossible commandement d’amour des ennemis nous met au défi de pratiquer une réciprocité pure, sans un brin de surenchère. Le pardon serait ici strictement équivalent à la pure justice. »
Olivier Abel, Le pardon vient après la justice, Publié dans Alternatives non-violentes n°84 sept. 92.
(http://olivierabel.fr/supplement/le-pardon-vient-apres-la-justice.html)
COMMENTAIRES