(…) Une fois démontré que tout le monde est philosophe, chacun à sa manière, il est vrai, et de façon inconsciente – car même dans la manifestation la plus humble d’une quelconque activité intellectuelle, le « langage » par exemple, est contenue une conception du monde déterminée -, on passe au second moment, qui est celui de la critique et de la conscience, c’est-à-dire à la question : est-il préférable de » penser » sans en avoir une conscience critique, sans souci d’unité et au gré des circonstances, autrement dit de « participer » à une conception du monde » imposée mécaniquement par le milieu ambiant (…) ou bien est-il préférable d’élaborer sa propre conception du monde consciemment et suivant une attitude critique et par conséquent, en liaison avec le travail de son propre cerveau, choisir sa propre sphère d’activité, participer activement à la production de l’histoire du monde, être à soi-même son propre guide au lieu d’accepter, passivement et de l’extérieur, une empreinte imposée à sa propre personnalité ?
A.GRAMSCI, Introduction à l’étude de la philosophie et du matérialisme historique, Editions sociales, 1977.
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Posted by pwezidol on septembre 18, 2011 at 10:59 am
j’aime la question du libre arbitre dans un monde moderne – si sophistiqué qu’il génère lui mème son propre changement sans se changer lui mème.
un individu peut-il échapper à un tel monde sans mettre en danger sa santé mentale ?
si j’ai bien compris ce qui etait dit ici.