« (…) L’étonnement philosophique … suppose dans l’individu un degré supérieur d’intelligence, quoique pourtant ce n’en soit pas là l’unique condition ; car, sans aucun doute, c’est la connaissance des choses de la mort et la considération de la douleur et de la misère de la vie qui donnent la plus forte impulsion à la pensée philosophique et à l’explication métaphysique du monde. Si notre vie était infinie et sans douleur, il n’arriverait à personne de se demander pourquoi le monde existe, et pourquoi il a précisément telle nature particulière ; mais toutes choses se comprendraient d’elles-mêmes. »
A. Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, suppl. au livre Ier, c. 17, « Sur le besoin métaphysique de l’humanité », tr. Burdeau, Paris, PUF, pp. 851-852.
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