Pensée du 03 octobre 11

Le sorcier, le médecin et le charlatan

« Le sorcier qui connait de façon expérimentale la vertu thérapeutique d’une plante, d’une écorce d’arbre ou d’une racine et qui applique cette connaissance au traitement d’un cas et le traite en fait n’est plus un sorcier, mais un guérisseur, un médecin. Mais si le même sorcier, au moment de soigner, complique son traitement de nombreux autres rites au point de reléguer au second plan le principal agent médicinal de guérison, il devient un charlatan ».

Njoh-Mouelle E., De la médiocrité à la l’excellence, 3e éd., Yaoundé, CLE, 1998, p. 39.

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GRILLE DE LECTURE

Ce texte de M. Njoh-Mouelle est à plusieurs égards intéressant. D’un côté, il nous présente une subtile distinction entre le sorcier médecin et le sorcier charlatan. Mais surtout, parce qu’il ne s’attaque à une distinction qui aurait été aussi très intéressante : prêtre médecin et prêtre charlatan, il nous laisse dans la bouche, comme un goût d’inachevé. En effet, que vaudrait la prière du point de vue médicinal. Tous les médecins qui se respectent seront formels : rien, si ce n’est un heureux effet placebo issu de l’autosuggestion. Or, si l’agent médicinal de la prière est l’autosuggestion, pourquoi encore prier ? Pourquoi réciter des centaines de pages de livres qui ne servent à rien alors qu’on pourrait atteindre le même résultat autrement que par ces voies, qui, du reste, sont parfaitement inutiles puisque totalement contingentes ? Ici, la religion se présente comme essentiellement un commerce d’illusion : du charlatanisme.

Jean-Eric BITANG

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