Pensée du 20 décembre 11

« … La plupart des gens en « poursuivant le bonheur » courent après la fortune et se rendent malheureux même quand ils la rencontrent, parce qu’ils veulent conserver la chance et en jouir comme d’une abondance inépuisable de « biens ». Il n’y a pas de bonheur durable hors du cycle prescrit des peines de l’épuisement et des plaisirs de la régénération, et tout ce qui déséquilibre ce cycle – pauvreté, dénuement où la fatigue est suivie de misère au lieu de régénération, ou grande richesse et existence oisive où l’ennui remplace la fatigue, où les meules de la nécessité, de la consommation et de la digestion écrasent à mort, impitoyables et stériles, le corps impuissant – ruine l’élémentaire bonheur qui vient de ce que l’on est en vie ».

Hannah Arendt, La Condition de l’homme moderne (1958), Chap. III, §1, tr. G. Fradier, Pocket, p. 155.

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