Pensée du 06 juillet 18

« On peut observer que partout où les débats théoriques sur l’écologie ont pris forme philosophique cohérente, ils se sont structurés en trois courants bien distincts. (…)

La troisième forme est celle que nous avons déjà vue à l’œuvre dans la revendication d’un droit des arbres, c’est-à-dire de la nature comme telle, y compris sous ses formes végétale et minérale. (…) L’ancien « contrat social » des penseurs politiques est censé faire place à un « contrat naturel » au sein duquel l’univers tout entier deviendrait sujet de droit : ce n’est plus l’homme, considéré comme centre du monde, qu’il faut au premier chef protéger de lui-même, mais bien le cosmos comme tel, qu’on doit défendre contre les hommes. L’écosystème – la « biosphère » – est dès lors investi d’une valeur intrinsèque bien supérieure à celle de cette espèce, somme toute plutôt nuisible, qu’est l’espèce humaine.

Selon une terminologie désormais classique dans les universités américaines, il faut opposer l’« écologie profonde » (deep ecology), « écocentrique » ou « biocentrique », à l’« écologie superficielle » (shallow ecology) ou « environnementaliste » qui se fonde sur l’ancien anthropocentrisme. »

Ferry (Luc), Le nouvel ordre écologique, 1992

________________________________________________________________

Laisser un commentaire