Archive for the ‘ECOLOGIE’ Category

Pensée du 25 octobre 19

« La science, la philosophie et l’art, comme formes privilégiées d’accès au réel, ont pour horizon téléologique ultime l’avènement de l’expérience fondamentale de la mystique… Quand elles consentent à l’humble effort de se rendre fluides en elles-mêmes pour quêter l’aqua ignea, l’eau passée par l’épreuve du feu qui ne cesse de les irriguer, ces trois disciplines ne se surprennent-elles pas à être portées sur les rivages de quelque chose les invitant à confesser l’infini inconnaissable, l’absolu de la donation du divin laissant suggérer symboliquement et allusivement sa suressence, dans la gratuité et la libéralité du SENS ? »

PAUQUOUD KONAN JEAN-ELYSÉE, Science, philosophie, art : le point X de la rencontre, Paris, Publibook, 2014 (Préface de DIBI K. AUGUSTIN, p. 11,12)

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Pensée du 17 octobre 19

« La moralité, en général, est cette qualité des actes humains en vertu de laquelle les uns sont appelés bons et honnêtes et les autres mauvais et déshonnêtes. On distingue deux sortes de moralité, selon qu’on se place au point de vue de l’objet, ou au point de vue du sujet : la moralité matérielle ou objective, et la moralité formelle ou subjective. La moralité objective est celle qui appartient aux objets auxquels la volonté se porte et par suite aux actes que nous accomplissons pour atteindre ces objets. Les actes sont donc spécifiés moralement par leurs objets, qui sont tour à tour le principe des actes humains et leur terme, et, par là, leur servent de mesure… La moralité subjective est celle qui résulte du jugement pratique formé par la raison en tant qu’il exprime l’intention de conformer l’acte au bien absolu et à la loi morale, telle du moins que l’intelligence la connaît et qu’elle peut l’observer. »


Régis JOLIVET, Précis de philosophie, Procure des Frères de l’Instruction chrétienne, 1933, p. 137-138.

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Pensée du 06 septembre 19

“La science est la tentative de faire correspondre la diversité chaotique de notre expérience sensible à un système de pensée logiquement unifié. Dans ce système les expériences particulières doivent être mises en rapport avec la structure théorique de telle sorte que la coordination résultante soit unique et convaincante. Les expériences sensibles forment la matière qui nous est donnée ; mais la théorie qui doit les interpréter est faite par l’homme. Elle est le résultat d’un processus d’adaptation extrêmement laborieux : hypothétique, jamais complètement achevée, toujours sujette à la controverse et au doute. La manière scientifique pour former des concepts diffère de celui que nous employons dans notre vie quotidienne, non pas quant à la base, mais seulement par la définition plus précise des concepts et des conclusions, par un choix plus laborieux et plus systématique de la matière expérimentale et par une économie logique plus grande. Par cette dernière nous entendons l’effort de réduire tous les concepts et toutes les corrélations à un nombre aussi petit que possible de concepts et d’axiomes fondamentaux logiquement indépendants.

Albert Einstein – Les fondements de la physique théorique – 1940.

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Pensée du 27 novembre 18

« L’écologie dont nous avons besoin n’est pas celle qui considère l’écosphère dont dépend notre survie avec un détachement tout scientifique. Nous ne sauverons pas la planète par une décision consciente, rationnelle et dépourvue de sensibilité, en signant avec elle une sorte de contrat écologique sur la base d’une analyse coût/bénéfices. Un engagement moral et émotionnel est nécessaire. En fait, une des tâche essentielles de l’écologie doit être de retrouver le cours de nos émotions, afin qu’elles puissent remplir le rôle qu’elles sont sensées jouer: nous aider à préserver l’ordre spécifique de l’écosphère ».

Goldsmidt Edouard,Le Tao de l’Écologie, Éditions du Rocher, p. 96.

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Pensée du 30 septembre 18

« L’observation scientifique nous montre des êtres vivants, de la matière vivante, des phénomènes vitaux, et nous nous empressons, pour en définir et en étudier les caractères. Rien ne nous autorise à penser qu’ils soient subordonnés à l’intervention d’un souffle, d’un principe quelconque, irréductible aux lois du monde matériel et à leur interprétation scientifique.  Notre méthode est basée sur l’économie des moyens. Elle veut qu’on fasse appel à une notion spéciale ou supplémentaire que comme dernier recours, si elle s’impose avec évidence ou si elle est nécessaire pour la construction d’un système, et seulement lorsqu’on est prêt d’être armé pour la confronter à l’expérience. Notre connaissance des phénomènes de la vie s’améliore suffisamment pour que nous commencions à connaître leurs caractères, et pour que nous voyions leur spécificité dans la subordination à un édifice matériel d’une complexité et d’une délicatesse prodigieuses. En dehors de tels édifices, nous ne voyons aucune manifestation des phénomènes de la vie, et nous en arrivons à considérer les actes vitaux comme étant à la fois la condition et la conséquence de l’évolution qui a conduit à ces structures. (…) »

Kahane (Ernest), La vie n’existe pas !, 1962

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Pensée du 06 juillet 18

« On peut observer que partout où les débats théoriques sur l’écologie ont pris forme philosophique cohérente, ils se sont structurés en trois courants bien distincts. (…)

La troisième forme est celle que nous avons déjà vue à l’œuvre dans la revendication d’un droit des arbres, c’est-à-dire de la nature comme telle, y compris sous ses formes végétale et minérale. (…) L’ancien « contrat social » des penseurs politiques est censé faire place à un « contrat naturel » au sein duquel l’univers tout entier deviendrait sujet de droit : ce n’est plus l’homme, considéré comme centre du monde, qu’il faut au premier chef protéger de lui-même, mais bien le cosmos comme tel, qu’on doit défendre contre les hommes. L’écosystème – la « biosphère » – est dès lors investi d’une valeur intrinsèque bien supérieure à celle de cette espèce, somme toute plutôt nuisible, qu’est l’espèce humaine.

Selon une terminologie désormais classique dans les universités américaines, il faut opposer l’« écologie profonde » (deep ecology), « écocentrique » ou « biocentrique », à l’« écologie superficielle » (shallow ecology) ou « environnementaliste » qui se fonde sur l’ancien anthropocentrisme. »

Ferry (Luc), Le nouvel ordre écologique, 1992

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Pensée du 05 juillet 18

« On peut observer que partout où les débats théoriques sur l’écologie ont pris forme philosophique cohérente, ils se sont structurés en trois courants bien distincts. (…)

La seconde figure franchit un pas dans l’attribution d’une signification morale à certains êtres non humains. Elle consiste à prendre au sérieux le principe « utilitariste », selon lequel il faut non seulement rechercher l’intérêt propre des hommes, mais de manière plus générale tendre à diminuer au maximum la somme des souffrances dans le monde ainsi qu’à augmenter autant que faire se peut la quantité de bien-être. Dans cette perspective, très présente dans le monde anglo-saxon où elle fonde l’immense mouvement dit de « libération animale », tous les êtres susceptibles de plaisir et de peine doivent être tenus pour des sujets de droit et traités comme tels. À cet égard, le point de vue de l’anthropocentrisme se trouve déjà battu en brèche, puisque les animaux sont désormais inclus, au même titre que les hommes, dans la sphère des préoccupations morales (…) »

Ferry (Luc), Le nouvel ordre écologique, 1992

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Pensée du 04 juillet 18

« On peut observer que partout où les débats théoriques sur l’écologie ont pris forme philosophique cohérente, ils se sont structurés en trois courants bien distincts. (…)

Le premier, sans doute le plus banal, mais aussi le moins dogmatique, (…) part de l’idée qu’à travers la nature, c’est encore et toujours l’homme qu’il s’agit de protéger, fût-ce de lui-même, lorsqu’il joue les apprentis sorciers. L’environnement n’est pas doté ici d’une valeur intrinsèque. Simplement, la conscience s’est fait jour qu’à détruire le milieu qui l’entoure, l’homme risque bel et bien de mettre sa propre existence en danger et, à tout le moins, de se priver des conditions d’une vie bonne sur cette terre. C’est dès lors à partir d’une position qu’on peut dire « humaniste », voire anthropocentriste, que la nature est prise, sur un mode seulement indirect, en considération. Elle n’est que ce qui environne l’être humain, la périphérie, donc, et non le centre. (…) »

Ferry (Luc), Le nouvel ordre écologique, 1992

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