Pensée du 01 septembre 18

« (…) Toutes les conséquences d’un temps de guerre où chacun est l’ennemi de chacun, se retrouvent aussi en un temps où les hommes vivent sans autre sécurité que celle dont les munissent leur propre force ou leur propre ingéniosité. Dans un tel état, il n’y a pas de place pour une activité industrieuse, parce que le fruit n’en est pas assuré; et conséquemment il ne s’y trouve ni agriculture, ni navigation, ni usage des richesses qui peuvent être importées par mer; pas de constructions commodes; pas d’appareils capables de mouvoir ou d’enlever les choses qui pour se faire exigent beaucoup de force; pas de connaissance de la face de la terre; pas de computation du temps; pas d’arts, pas de lettres; pas de société; et ce qui est pire que tout, la crainte et le risque continuels d’une mort violente; la vie de l’homme est alors solitaire, besogneuse, pénible, quasi-animale et brève. »

Hobbes, Léviathan, ch. 13, 1651

__________________________________________________________

Laisser un commentaire