« L’observation scientifique nous montre des êtres vivants, de la matière vivante, des phénomènes vitaux, et nous nous empressons, pour en définir et en étudier les caractères. Rien ne nous autorise à penser qu’ils soient subordonnés à l’intervention d’un souffle, d’un principe quelconque, irréductible aux lois du monde matériel et à leur interprétation scientifique. Notre méthode est basée sur l’économie des moyens. Elle veut qu’on fasse appel à une notion spéciale ou supplémentaire que comme dernier recours, si elle s’impose avec évidence ou si elle est nécessaire pour la construction d’un système, et seulement lorsqu’on est prêt d’être armé pour la confronter à l’expérience. Notre connaissance des phénomènes de la vie s’améliore suffisamment pour que nous commencions à connaître leurs caractères, et pour que nous voyions leur spécificité dans la subordination à un édifice matériel d’une complexité et d’une délicatesse prodigieuses. En dehors de tels édifices, nous ne voyons aucune manifestation des phénomènes de la vie, et nous en arrivons à considérer les actes vitaux comme étant à la fois la condition et la conséquence de l’évolution qui a conduit à ces structures. (…) »
Kahane (Ernest), La vie n’existe pas !, 1962
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