« En affirmant les limites de la raison théorique, le criticisme stimule l’activité de la raison pratique. La science rencontre des limites infranchissables : elle ne peut connaître que les objets d’une expérience possible. Le suprasensible est inconnaissable. Kant récuse le dogmatisme de la métaphysique : rêveurs de la raison, les métaphysiciens précritiques ont fondé des systèmes grandioses sur la base d’hypothèses transcendantales, par nature invérifiables. Il récuse de même la prétention de la théologie à démontrer l’existence de Dieu : Dieu est objet de foi et non de savoir. Pour marquer les limites de la connaissance, le criticisme n’abolit pas la métaphysique. La raison pratique éprouve le besoin de postuler les objets suprasensibles que sont Dieu, la liberté et l’immortalité. Faute de pouvoir les connaître, elle doit les penser. Ce besoin de la raison motive la foi rationnelle ou croyance morale en Dieu. La foi rationnelle, c’est la religion morale. La religion doit être appréciée d’après la moralité, et non l’inverse. »
Christophe Paillard, « Kant et le problème de l’irrationnel »
(Source : https://listephilo.pagesperso-orange.fr)
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