Pensée du 05 novembre 19

Pour savoir si on est heureux, il suffit de poser cette question : à supposer qu’on ait le choix intégral du lieu, du temps, de la compagnie, de l’action et du contexte, préférerions-nous demeurer là où nous sommes, à faire exactement ce que nous sommes en train de faire ? Répondre oui, c’est être heureux. Car on ne peut concevoir de bonheur plus grand que de préférer son présent à tous les plaisirs imaginables. Tel est donc le bonheur absolu : l’état dans lequel rien de ce que nous pouvons désirer ne nous semble préférable à ce que nous vivons. Et paradoxalement, le bonheur absolu est ce que nous connaissons toujours, notre état permanent. Il ne nous semble imaginaire que parce qu’il est réel, toujours réel. Réel en permanence. Car si nous étions si malheureux de ce que nous sommes, de ce que nous vivons, n’aurions nous pas depuis longtemps choisi d’être et de vivre autre chose? J’ai choisi tout ce que je vis, et, que je m’en réjouisse ou que je le déplore, j’en suis heureux. J’ai toujours la possibilité de partir, un pied devant l’autre sans explication ni adieu. Et toujours cette liberté majeure, indestructible, de me détruire. La simple possibilité du suicide me force à admettre que je suis toujours heureux, quoi que je vive, du simple fait que j’ai préféré vivre cela que mourir. Le bonheur absolu se réfugie parfois dans le moindre mal, mais il est permanent: nous sommes toujours très heureux (…)

Source : Connaissez-vous le bonheur absolu ?

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