Pensée du 12 février 20

  « Cette médiocrité n’est pas un vice. Ce relâchement des moeurs n’est pas l’effet d’une corruption inaccoutumée. Il ne traduit pas une déchéance accidentelle. Tantôt souligné comme à plaisir par le cynisme, tantôt dissimulé par une ostentation trompeuse de vertu, il ne varie pas sensiblement. C’est qu’il tient à l’ampleur du groupe social et plus encore, à sa nature-même : celui-ci constitue en effet un milieu presque neutre, qui ne réunit que par des conditions de fait les êtres qui le composent. Sans doute s’y trouvent-ils soumis à une influence insensible, mais continue et efficace, qui leur rend communs un grand nombre de jugements et de réactions. Sans doute les lois et les us sont les mêmes pour tous et tous sont formés par une éducation analogue. Il faut constater une certaine unité. De même les pouvoirs publics maintiennent un certain ordre.

Roger Caillois, Instincts et société, Gonthier, 1964, p.74 sq.


Laisser un commentaire