Pensée du 22 février 20

« Le genre désormais se fait sexe, comme le Verbe se fait chair. On assiste alors à la biologisation et à la sexualisation du genre et à la différence des sexes. Les implications théoriques et politiques de cette mutation sont considérables. D’un côté, elle porte en germe de nouvelles manières de perception de soi et notamment la psychanalyse (l’opposition phallus/utérus, la définition de la féminité en termes de manque, de creux, la “petite différence” fondant le grand différend). D’un autre, elle apporte une base, un fondement naturaliste à la théorie des sphères – le public et le privé – identifiées aux deux sexes, théorie par laquelle penseurs et politiques tentent d’organiser rationnellement la société du XIXe siècle. Cette naturalisation des femmes, rivées à leur corps, à leur fonction reproductrice maternelle et ménagère, et exclues de la citoyenneté politique au nom de cette identité même, confère une assise biologique au discours parallèle et conjoint de l’unité sociale ».

La place des femmes. Les enjeux de l’identité et de l’égalité au regard des sciences sociales, Éditions La Découverte, Paris, 1995, p. 92

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