Archive for the ‘SAGESSE’ Category
7 Mai
Pensée du 07 mai 18
6 Mai
Pensée du 06 mai 18
« N’as-tu jamais eu d’amour pour quelqu’un, fille ou garçon, esclave ou homme libre ? – Mais quel rapport cela a-t-il avec le fait d’être esclave ou libre ? – N’as-tu jamais reçu de l’être aimé l’ordre de faire ce que tu ne voulais pas ? N’as-tu jamais flatté ton petit esclave ? Ne lui as-tu pas baisé les pieds ? Et pourtant, si on te forçait à baiser ceux de César, tu y verrais une insulte et un excès de tyrannie. Qu’est donc l’esclavage sinon cela ? La nuit, n’es-tu jamais allé où tu ne voulais pas ? N’as-tu jamais dépensé plus que tu ne voulais ? N’as-tu jamais parlé en gémissant et en te plaignant ? N’as-tu jamais subi des injures ni supporté d’être mis à la porte ? Mais si tu as honte d’avouer ce qui t’es arrivé à toi-même, vois les paroles et les actes de Thrasonidès (…) : “Une vulgaire petite fille m’a réduit en esclavage, moi que jamais nul ennemi n’a pu subjuguer”. (…) Il envoie des cadeaux à cette fille qui le hait; il demande, il pleure; puis ayant quelque peu réussi il en est tout fier. Même alors, comment, toujours désirant, toujours craignant, aurait-il pu être libre ? »
Epictète, Entretiens, 1er-2ème siècle
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5 Mai
Pensée du 05 mai 18
« Les concepts physiques sont des créations libres de l’esprit humain et ne sont pas, comme on pourrait le croire, uniquement déterminés par le monde extérieur. Dans l’effort que nous faisons pour comprendre le monde, nous ressemblons quelque peu à l’homme qui essaie de comprendre le mécanisme d’une montre fermée. Il voit le cadran et les aiguilles en mouvement, il entend le tic-tac, mais il n’a aucun moyen d’ouvrir le boîtier. S’il est ingénieux, il pourra se former quelque image du mécanisme, qu’il rendra responsable de tout ce qu’il observe, mais il ne sera jamais sûr que son image soit la seule capable d’expliquer ses observations. Il ne sera jamais en état de comparer son image avec le mécanisme réel, et il ne peut même pas se représenter la possibilité ou la signification d’une telle comparaison. Mais le chercheur croit certainement qu’à mesure que ses connaissances s’accroîtront, son image de la réalité deviendra de plus en plus simple et expliquera des domaines de plus en plus étendus de ses impressions sensibles. Il pourra aussi croire à l’existence d’une limite idéale de la connaissance que l’esprit humain peut atteindre. Il pourra appeler cette limite idéale la réalité objective. »
Einstein, L’évolution des idées en physique, 1936
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4 Mai
Pensée du 04 mai 18
« La réalité créée par la physique moderne est (…) très loin de la réalité du début de la science. Mais le but de toute théorie physique reste toujours le même. A l’aide des théories physiques nous cherchons à trouver notre chemin à travers le labyrinthe des faits observés, d’ordonner et de comprendre le monde de nos impressions sensibles. Nous désirons que les faits observés suivent logiquement notre concept de réalité. Sans la croyance qu’il est possible de saisir la réalité avec nos constructions théoriques, sans la croyance en l’harmonie interne de notre monde, il ne pourrait pas y avoir de science. Cette croyance est et restera toujours le motif fondamental de toute création scientifique. A travers tous nos efforts, dans chaque lutte dramatique entre les conceptions anciennes et les conceptions nouvelles, nous reconnaissons l’éternelle aspiration à comprendre, la croyance toujours ferme en l’harmonie de notre monde, continuellement raffermie par les obstacles qui s’opposent à notre compréhension. »
Einstein, L’évolution des idées en physique, 1936
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3 Mai
Pensée du 03 mai 18
« C’est par le travail que l’homme doit se procurer le pain quotidien et contribuer au progrès continuel des sciences et de la technique, et surtout à l’élévation constante, culturelle et morale, de la société dans laquelle il vit en communauté avec ses frères. Le mot «travail» désigne tout travail accompli par l’homme, quelles que soient les caractéristiques et les circonstances de ce travail, autrement dit toute activité humaine qui peut et qui doit être reconnue comme travail parmi la richesse des activités dont l’homme est capable et auxquelles il est prédisposé par sa nature même, en vertu de son caractère humain. Fait à l’image, à la ressemblance de Dieu lui-même dans l’univers visible et établi dans celui-ci pour dominer la terre, l’homme est donc dès le commencement appelé au travail. Le travail est l’une des caractéristiques qui distinguent l’homme du reste des créatures dont l’activité, liée à la subsistance, ne peut être appelée travail; seul l’homme est capable de travail, seul l’homme l’accomplit et par le fait même remplit de son travail son existence sur la terre. Ainsi, le travail porte la marque particulière de l’homme et de l’humanité, la marque d’une personne qui agit dans une communauté de personnes; et cette marque détermine sa qualification intérieure, elle constitue en un certain sens sa nature même. »
Jean-Paul II, Laborem Exercens, 1981.
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2 Mai
Pensée du 02 mai 18
« Le caractère universel et multiple du processus par lequel l’homme «soumet la terre» éclaire bien le travail de l’homme, puisque la domination de l’homme sur la terre se réalise dans le travail et par le travail. Ainsi apparaît la signification du travail au sens objectif, qui trouve son expression selon les diverses époques de la culture et de la civilisation. L’homme domine la terre déjà par le fait qu’il domestique les animaux, les élevant et tirant d’eux sa nourriture et les vêtements nécessaires, et par le fait qu’il peut extraire de la terre et de la mer diverses ressources naturelles. Mais l’homme domine bien plus la terre lorsqu’il commence à la cultiver, puis lorsqu’il transforme ses produits pour les adapter à ses besoins. L’agriculture constitue ainsi un secteur primaire de l’activité économique; elle est, grâce au travail de l’homme, un facteur indispensable de la production. L’industrie à son tour consistera toujours à combiner les richesses de la terre _ ressources brutes de la nature, produits de l’agriculture, ressources minières ou chimiques _ et le travail de l’homme, son travail physique comme son travail intellectuel. Cela vaut aussi en un certain sens dans le secteur de ce que l’on appelle l’industrie de service, et dans celui de la recherche, pure ou appliquée. »
Jean-Paul II, Laborem Exercens, 1981.
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1 Mai
Pensée du 01 mai 18
« Aujourd’hui, dans l’industrie et dans l’agriculture, l’activité de l’homme a cessé dans de nombreux cas d’être un travail surtout manuel parce que la fatigue des mains et des muscles est soulagée par l’emploi de machines et de mécanismes toujours plus perfectionnés. Dans l’industrie mais aussi dans l’agriculture, nous sommes témoins des transformations rendues possibles par le développement graduel et continuel de la science et de la technique. Et cela, dans son ensemble, est devenu historiquement une cause de tournants importants dans la civilisation, depuis le début de «l’ère industrielle» jusqu’aux phases suivantes de développement grâce à de nouvelles techniques comme l’électronique ou, ces dernières années, les microprocesseurs. Il peut sembler que dans le processus industriel c’est la machine qui «travaille» tandis que l’homme se contente de la surveiller, rendant possible son fonctionnement et le soutenant de diverses façons; mais il est vrai aussi que, précisément à cause de cela, le développement industriel établit un point de départ pour reposer d’une manière nouvelle le problème du travail humain. La première industrialisation qui a créé la question dite ouvrière comme les changements industriels et post-industriels intervenus par la suite démontrent clairement que, même à l’époque du «travail» toujours plus mécanisé, le sujet propre du travail reste l’homme. Le développement de l’industrie et des divers secteurs connexes, jusqu’aux technologies les plus modernes de l’électronique, spécialement dans le domaine de la miniaturisation, de l’informatique, de la télématique, etc., montre le rôle immense qu’assume justement, dans l’interaction du sujet et de l’objet du travail (au sens le plus large du mot), cette alliée du travail, engendrée par la pensée de l’homme, qu’est la technique. Entendue dans ce cas, non comme une capacité ou une aptitude au travail, mais comme un ensemble d’instruments dont l’homme se sert dans son travail, la technique est indubitablement une alliée de l’homme. Elle lui facilite le travail, le perfectionne, l’accélère et le multiplie. Elle favorise l’augmentation de la quantité des produits du travail, et elle perfectionne également la qualité de beaucoup d’entre eux. C’est un fait, par ailleurs, qu’en certains cas, cette alliée qu’est la technique peut aussi se transformer en quasi adversaire de l’homme, par exemple lorsque la mécanisation du travail «supplante» l’homme en lui ôtant toute satisfaction personnelle, et toute incitation à la créativité et à la responsabilité, lorsqu’elle supprime l’emploi de nombreux travailleurs ou lorsque, par l’exaltation de la machine, elle réduit l’homme à en être l’esclave. »
Jean-Paul II, Laborem Exercens, 1981.
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30 Avr
Pensée du 30 avril 18
« Les phénomènes religieux se rangent tout naturellement en deux catégories fondamentales : les croyances et les rites. Les premières sont des états de l’opinion, elles consistent en représentations; les secondes sont des modes d’action déterminés. Entre ces deux classes de faits, il y a toute la différence qui sépare la pensée du mouvement. Les rites ne peuvent être définis et distingués des autres pratiques humaines, notamment des pratiques morales, que par la nature spéciale de leur objet. Une règle morale, en effet, nous prescrit, tout comme un rite, des manières d’agir, mais qui s’adressent à des objets d’un genre différent. C’est donc l’objet du rite qu’il faudrait caractériser pour pouvoir caractériser le rite lui-même. Or, c’est dans la croyance que la nature spéciale de cet objet est exprimée. On ne peut donc définir le rite qu’après avoir défini la croyance. »
Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse , Livre I, ch. I, III, 1912
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29 Avr
Pensée du 29 avril 18
« La morale de notre temps est fixée dans ses lignes essentielles, au moment où nous naissons; les changements qu’elle subit au cours d’une existence individuelle, ceux, par conséquent, auxquels chacun de nous peut participer sont infiniment restreints. Car les grandes transformations morales supposent toujours beaucoup de temps. De plus, nous ne sommes qu’une des innombrables unités qui y collaborent. Notre apport personnel n’est donc jamais qu’un facteur infime de la résultante complexe dans laquelle il disparaît anonyme. Ainsi, on ne peut pas ne pas reconnaître que, si la règle morale est œuvre collective, nous la recevons beaucoup plus que nous ne la faisons. Notre attitude est beaucoup plus passive qu’active. Nous sommes agis plus que nous n’agissons. Or, cette passivité est en contradiction avec une tendance actuelle, et qui devient tous les jours plus forte, de la conscience morale. En effet, un des axiomes fondamentaux de notre morale, on pourrait même dire l’axiome fondamental, c’est que la personne humaine est la chose sainte par excellence; c’est qu’elle a droit au respect que le croyant de toutes les religions réserve à son dieu; et c’est ce que nous exprimons nous-mêmes, quand nous faisons de l’idée d’humanité la fin et la raison d’être de la patrie. En vertu de ce principe, toute espèce d’empiètement sur notre for intérieur nous apparaît comme immorale, puisque c’est une violence faite à notre autonomie personnelle. Tout le monde, aujourd’hui, reconnaît, au moins en théorie, que jamais, en aucun cas, une manière déterminée de penser ne doit nous être imposée obligatoirement, fût-ce au nom d’une autorité morale. »
Durkheim, L’éducation morale, 1902
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28 Avr
Pensée du 28 avril 18
« On pourrait dire, pour faire bref, qu’il est essentiel à la science-fiction de produire des fictions de monde qui soient moins des mondes fictifs que des conjectures. L’effet propre des conjectures est de remettre en jeu des visions du monde, en testant la consistance des univers qu’elles produisent : non pas simplement des constructions « imaginaires », aussi profondes soient-elles, mais des procédures de variation destinées à révéler les présupposés latents de nos propres schémas de pensée, à mettre à l’épreuve la fermeté ou la cohérence de certaines doctrines, la nécessité ou la contingence de leurs catégories ou de leurs principes, pour autant qu’ils prétendent configurer un monde en général. Philip K. Dick disait en ce sens que le vrai héro d’un roman de science-fiction n’est jamais un personnage, mais une idée nouvelle dont on étudie les développements logiques et narratifs, en la faisant prendre corps en un lieu et un temps donnés, dans le cadre d’une société et d’un monde possibles. Ainsi s’éclaire le rapport particulier qu’entretient la science-fiction au savoir scientifique d’un côté, à la philosophie de l’autre. Comme l’explique Guy Lardreau, la science-fiction dans sa vocation proprement spéculative « ne mobilise pas une philosophie, elle a pour ambition, parfois avouée, en tout cas la plus profonde, de se substituer à la philosophie. » En construisant des mondes ou en en défaisant d’autres, elle reflète dans l’ordre de l’imaginaire et de la fiction la question insistante de la philosophie elle-même : celle de la consistance de la réalité ou de l’expérience que nous pouvons en faire. Au revers de ses fictions et de ses symboles, elle fait pressentir la tension de la pensée vers un Autre absolu du monde (quel que soit le nom qui le désigne : Un, Réel, etc.), qui résiste au savoir et projette du même coup sur l’ensemble de notre « réalité » une atmosphère d’étrangeté qui n’est pas sans rapport avec l’affect fondamental de la philosophie, l’étonnement. »
During (Elie), La matrice à philosophies, in Matrix, machine philosophique, 2003
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