« La dianoématique transcendantale en tant que condition de possibilité de la dianoématique positive devient une méta-métaphysique, en d’autres termes, une métaphysique de l’interprétation. »
Dominique ASSALE AKA-BWASSI, Philosophie des grands courants de l’histoire de la philosophie, p. 20.
_______________________________________________________________________________
GRILLE DE LECTURE
Le concept de « dianoématique » est emprunté à la « théorie de la dianoématique » chez le philosophe français Martial Guéroult. Dominique ASSALE y distingue les deux composantes suivantes : dia (à travers) et noème (donné objectif ou contenu idéal d’une perception). Chez Husserl, le noème d’une bibliothèque, c’est la bibliothèque en tant que lieu de consultation de livres, de recherche et de lecture. Ce n’est pas seulement ce qui se donne à saisir comme un immeuble ou un style architectural estampillé « Bibliothèque » dans un quartier ou dans une université. La dianoématique se dit d’une expérience philosophique « une » et « identique » à travers le temps. Chez Martial Guéroult, l’expérience philosophico-dianoématique désigne l’invariant philosophique à travers deux espaces de variation historique. C’est non seulement le substrat métaphysique d’une philosophie à travers la variété des systèmes philosophiques contradictoires mais aussi la teneur philosophique des œuvres de culture. L’histoire des productions culturelles offre toujours des faits d’une teneur philosophique (donc métaphysique). L’histoire de la philosophie elle-même est une histoire métaphysique comme lieu d’expérience philosophique positive ; elle n’est philosophique que parce qu’elle s’évalue en termes de métaphysique.
Dominique ASSALE distingue encore chez Martial Guéroult une dianoématique positive d’une dianoématique transcendantale. La dianoématique positive est l’intentionnalité fondamentale et le vécu culturel qui animent chaque philosophie. On trouve une dianoématique positive dans l’ensemble des systèmes philosophiques de l’histoire de la philosophie, dans leurs caractères propres, tels que l’historien les présente : le réalisme aristotélico-thomiste, le cartésianisme, le sensualisme britannique, le monadisme allemand… La dianoématique transcendantale est présentée ici par Dominique ASSALE en des termes très kantiens : elle est la condition de possibilité de la philosophie comme expérience métaphysique. A ce titre, la dianoématique transcendantale est une méta-métaphysique, une métaphysique de l’expérience philosophique en tant que métaphysique. C’est une métaphysique de l’interprétation des systèmes philosophiques de l’histoire de la philosophie. Martin Heidegger illustre bien cette dianoématique transcendantale lorsqu’il se demande dans Kant et le problème de la métaphysique « Pourquoi l’instauration du fondement de la métaphysique prend-elle chez Kant la forme d’une Critique de la Raison pure ? »
Emmanuel AVONYO, op
COMMENTAIRES