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Pensée du 18 novembre 09

« La crise de l’humanisme à notre époque a, sans doute, sa source dans l’expérience de l’inefficacité humaine qu’accusent l’abondance de nos moyens d’agir et l’étendue de nos ambitions. »

Emmanuel LEVINAS, Humanisme de l’autre homme

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GRILLE DE LECTURE

L’injustice dans le monde, les conflits interhumains et les guerres fratricides etc. qui chaque jour endeuillent l’humanité, posent le problème du sens de l’humain. Notre monde est celui de l’efficience où l’homme oublie l’autre homme au profit du matériel. La question qui ressort de cette citation qui nous est donnée à penser est celle de savoir « quel humanisme pour notre monde d’aujourd’hui ? »

Levinas en appelle à un nouvel humanisme fondé sur la morale, l’éthique de l’autre, du visage, pour redonner sens à l’autre homme. L’expérience de l’inefficacité humaine est une inefficacité intellectuelle à penser un vrai humanisme de l’autre homme. Il y a comme une crise de l’intellectualisme au niveau de la pensée philosophique.

Au fond de cette citation se glisse une subtile critique du totalitarisme hitlérien et du national-socialisme qui vidaient le concept humain de son contenu. L’humain est réifié, il perd son sens, il devient l’objet de ses propres œuvres, l’homme perd son sens d’être rationnel, il perd ses privilèges dans le monde. L’humain est sacrifié sur l’autel de la chosification. C’est pourquoi la pensée de Levinas donne la primauté à l’éthique comme philosophie première.

Mervy Monsoleil AMADI, op    Sommaire >>>

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Pensée du 31 octobre

« Le visage, dans sa nudité, exprime la faiblesse d’un être unique exposé à la mort, mais en même temps l’énoncé d’un impératif qui m’oblige à ne pas le laisser seul ».

Emmanuel LEVINAS, Les imprévus de l’histoire

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GRILLE DE LECTURE

S’il y a une partie du corps qui dit proprement l’homme dans tout ce qu’il est, c’est sans conteste son visage. Le visage est le témoin expressif de ce que nous ressentons, de ce que nous sommes parce qu’il n’est jamais matière simplement ou extériorité pure, parce qu’il est toujours chair et esprit. Nous pouvons alors considérer le visage comme une totalité expressive qui signifie une personne. Tout un chacun sait, parce qu’il vit au quotidien, que notre visage exprime et signifie nos états affectifs et intérieurs et ce par le regard en particulier qui varie en intensité, qui s’illumine ou s’assombrit. Les poètes sont même allés jusqu’à dire que le visage est l’expression de l’intériorité intime puisqu’ils en ont fait les « balcons de l’âme ».

La nudité du visage qui exprime la faiblesse d’un être unique exposé à la mort révèle une idée : celle de l’identité. Ici l’identité dit ce qui porte en soi l’esprit. L’identité de l’homme est différente de celle d’une chose close et fermée sur soi. L’identité de l‘homme renvoie sans doute à l’intime, au secret. Ici le secret n’est pas fermeture, mais il confesse le sacré, qu’on  ne doit pas violer et violenter, il inspire respect. Il est donc la profondeur comme ce qui rend possible l’ouverture. La nudité du visage de l’autre en quoi réside la profondeur de son être unique, en faisant signe vers le secret de l’autre, dé-signe ma vocation comme vocation éthique selon Levinas. C’est pourquoi le visage de l’autre me convoque, m’oblige, me rappelle la responsabilité éthique. L’autre vient à moi comme un opprimé, un serviteur souffrant qui supplie mon aide.

Mervy Monsoleil AMADI, op

Pensée du 30 octobre

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE

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