Posts Tagged ‘Esthétique : la question du beau’

Pensée du 27 mars 11

« Le but de l’art consiste selon Hegel à révéler à l’âme, tout ce qu’elle recèle d’essentiel, de grand, de sublime, de respectable et de vrai. Le style employé par Hegel ici dit l’importance de la chose même. L’art s’adresse tellement à l’âme que pour le qualifier, le discours lui-même vient faire cercle avec soi pour se rendre ample, intense et insistant. Pour Hegel, c’est essentiellement de l’âme qu’il est question dans l’art. Hegel poursuit en disant « l’art renseigne l’homme sur l’humain, éveille des sentiments endormis, nous met en présence des vrais intérêts de l’esprit. Il agit en remuant dans leur profondeur, leurs richesses et leurs variétés, tous les sentiments qui s’agitent dans l’âme humaine, et en intégrant dans le champ de notre expérience ce qui se passe dans les régions intimes de cette âme. » Esthétique.

Kouadio Augustin DIBI, Esthétique : la question du beau (Cours inédit)

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Pensée du 06 février 11

« L’âme, on le sait, est en l’homme,  ce par quoi il a part au divin, ainsi que nous l’enseigne Platon. Par l’âme, l’homme se voit appelé à ce qui fait sa racine, à ce par quoi à chaque instant, il vient naître en lui-même. En ce sens, elle est la substance de l’homme, ce sans quoi l’homme ne pourrait pas être posé comme il est. Chez Platon, l’âme est confessé comme ce qui en l’homme est immortel. Elle est ce par quoi, pour reprendre une expression du Phédon, il nous est possible d’échapper à la mort, comme la boule de neige à la chaleur. L’homme ne serait pas envisageable une seconde, s’il n’était avant tout appréhendé comme âme. Pour utiliser une image hégélienne, en l’homme, le concept est l’âme : ce qui veut dire, ce à quoi tout retourne, ce vers quoi intemporellement, tout vient se tourner afin d’assurer en l’homme une unité. »

Kouadio Augustin DIBI, Esthétique : la question du beau (Cours inédit)

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Pensée du 11 janvier 11

« L’art concerne le sensible spiritualisé ou le spirituel sensibilisé. L’art n’est possible que si l’artiste meurt au sensible. Hegel écrit pour cette raison que « le royaume de l’art est le royaume des ombres du beau. Les œuvres d’art sont des ombres sensibles. » Ombres ici ne signifie pas un moindre être. Le terme ne renvoie pas à la pale copie d’une chose, ce n’est pas l’inessentiel traînant vers l’arrière de l’essentiel, ce n’est pas un vague souvenir sur le point de s’éteindre soi-même par une soudaine étreinte de soi. Ombres veut dire ce dans quoi le beau ap-paraît, et sans lequel il ne saurait paraître. Ombres signifie ce que le beau laisse être en paraissant et qui est essentiel à son apparaître même. L’art cherche à laisser être, à faire voir. »

Kouadio Augustin DIBI, Esthétique : la question du beau (Cours inédit)

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Pensée du 06 décembre 10

« Ce que nous appelons mérite n’est pas le fait immédiat de l’homme. L’homme ne peut être riche en mérite que parce qu’il est déjà ordonné au Poème, à la Dichtung. Hölderlin saisit le Poème comme la nomination des dieux et de l’essence des choses, une nomination fondatrice. Au poème est conféré le triple sens du don (Das Geschenk), de la fondation (Die Gründung) et de l’emprise (Der Einfluss). Le don est ici l’acte par lequel l’homme est comblé et se voit dépris de tout mérite personnel. La fondation est l’acte qui soutient l’homme pour le faire et le maintenir comme homme en vue d’un destin déterminé. Quant à l’emprise, elle désigne le pouvoir du Poème de demeurer présent dans le monde, à demeurer la matière même qui fait et règle l’homme comme homme. »

Kouadio Augustin DIBI, Esthétique : la question du beau (Cours inédit)

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Pensée du 25 novembre 10

« Le royaume de l’art est bien l’esprit mais en lui le tout de l’esprit n’est pas posé comme un tout. Le tout de l’esprit n’est pas posé en son concept. Cette limite n’a pas la signification d’un moindre être, de ce qui aurait dû ne pas être. Au fond, ne constitue-t-il pas la beauté même de l’art en un certain sens ? Peut-être, est-il heureux que par l’art, les choses soient simplement manifestées en leur rayonnement. Simplement ne renvoie pas ici à une pauvreté, mais à ce qui conduit à une surabondance gracieuse. L’œuvre d’art laisse simplement l’étant être en son rayonnement pour inviter le regard, peut-être, à aller vers ce lieu où le voir et l’entendre s’originent et sont relayés par autre chose. Que peut être ce regard, sinon le regard philosophique ? »

Kouadio Augustin DIBI, Esthétique : la question du beau (Cours inédit)

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