Posts Tagged ‘La pensée et le mouvant’

Pensée du 11 février 11

«Le philosophe n’obéit ni ne commande. Il cherche à sympathiser.»

Henri Bergson, La pensée et le mouvant

_______________________________________________________________________

GRILLE DE LECTURE

Cette pensée de Bergson illustre bien l’articulation entre l’intuition et la sympathie philosophiques. Chaque philosophe donne sa définition de la philosophie, mais tous se rejoignent sur l’essentiel : l’homme comme objet de toute recherche philosophique. L’homme n’apparaît au sommet de la démarche bergsonienne qu’au bout de l’exercice de la philosophie comme une méthode. En ce sens, l’intuition désigne le rapport de l’esprit humain à lui même en tant que pure intériorité, tandis que la sympathie permet à l’esprit de sortir de lui-même pour coïncider profondément avec des réalités extérieures. Cette sympathie touche aussi bien aux objets de connaissance qu’aux hommes, au vital des formes vivantes qu’au social de la société. C’est en cela que l’intuition et la sympathie se complètent et s’identifient comme deux méthodes philosophiques ayant le même but. L’intuition philosophique devient essentiellement sympathie avec les choses (dans l’ordre cognitif) et avec les hommes (dans l’ordre politique). C’est aussi en cela que la sympathie pourrait être la caractéristique majeure du philosophe qui ne servirait à rien s’il s’enfermait dans sa tour de connaissance intuitive. Il lui faut encore assumer une existence sociale par une ascension spirituelle et éthique dont le plus court chemin est l’homme. Le philosophe a moins à commander qu’à obéir à l’appel de la transcendance qui s’incruste dans l’homme et l’appelle à une responsabilité indéclinable. Le philosophe demeure à l’écoute de l’être, il en est le berger disait Heidegger. Ce rôle du philosophe est une conquête. Le philosophe cherche à sympathiser, il s’efforce d’être le berger de l’être par la sympathie avec l’être, par l’adhérence à son objet. Il se peut que le philosophe soit de cette manière le défenseur d’un humanisme pratique, le héraut d’un humanisme en acte qui réaffirme l’homme comme valeur et la vie spirituelle comme visée de l’être.

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 1er février 10

«Le philosophe n’obéit ni ne commande. Il cherche à sympathiser.»

Henri Bergson, La pensée et le mouvant

_______________________________________________________________

GRILLE DE LECTURE

Cette pensée de Bergson illustre bien l’articulation entre l’intuition et la sympathie philosophiques. Chaque philosophe donne sa définition de la philosophie, mais tous se rejoignent sur l’essentiel : l’homme comme objet de toute recherche philosophique. L’homme n’apparaît au sommet de la démarche bergsonienne qu’au bout de l’exercice de la philosophie comme une méthode. En ce sens, l’intuition désigne le rapport de l’esprit humain à lui même en tant que pure intériorité, tandis que la sympathie permet à l’esprit de sortir de lui-même pour coïncider profondément avec des réalités extérieures.

Cette sympathie touche aussi bien aux objets de la connaissance qu’aux hommes, au vital des formes vivantes qu’au social de la société. C’est en cela que l’intuition et la sympathie se complètent et s’identifient comme des méthodes philosophiques ayant le même but. L’intuition philosophique devient essentiellement sympathie avec les choses (dans l’ordre cognitif) et avec les hommes (dans l’ordre politique). C’est aussi en cela que la sympathie pourrait être la caractéristique majeure du philosophe qui ne servirait à rien s’il s’enfermait dans sa tour de connaissance intuitive.

Il lui faut encore assumer une existence sociale par une ascension éthique dont le plus court chemin est l’homme. Le philosophe a moins à commander qu’à obéir à l’appel de la transcendance qui s’incruste dans l’homme et l’appelle à une responsabilité indéclinable. Le philosophe demeure à l’écoute de l’être, il en est le berger. Ce rôle du philosophe est une conquête. Le philosophe cherche à sympathiser, il s’efforce d’être le berger de l’être par la sympathie avec l’être, par une adhérence à son objet. Il se peut que le philosophe soit de cette manière le défenseur d’un humanisme pratique, le héraut d’un humanisme en acte qui réaffirme l’homme comme valeur et la vie spirituelle comme visée de l’être.

Emmanuel AVONYO, op

SOMMAIRE>>>

Pensée du 18 décembre 09

« Nous appelons intuition la sympathie par laquelle on se transporte à l’intérieur d’un objet, pour coïncider avec ce qu’il a d’unique et par conséquent d’inestimable. »

HENRI BERGSON, La pensée et le mouvant

________________________________________________________________

GRILLE DE LECTURE

Nous définissons l’intuition de différentes manières. Pour Descartes, c’est un acte de saisie immédiate de la vérité, comme ce qui s’impose à l’esprit avec clarté et distinction. L’intuition comme connaissance directe s’oppose à la déduction, qui parvient à la vérité par la médiation de la démonstration. Kant, en présentant les intuitions sensibles comme le seul mode de donation des objets, fait de l’intuition la façon dont un objet nous est donné ; si tout donné est nécessairement sensible avec Kant, il ne s’agit plus d’intuition intellectuelle comme chez Descartes. Kant appelle intuitions pures, ou formes a priori de la sensibilité, l’espace et le temps.

Chez Bergson, l’intuition est le seul mode de connais­sance susceptible d’atteindre la durée ou l’esprit, par opposition à l’Intelligence, qui a pour vocation de penser la matière. L’intuition n’est pas qu’une connaissance immédiate, sans intermédiaire, c’est une puissance réflexive par laquelle « l’énergie spirituelle » tourne le dos à la physique du monde, pour se tourner vers le moi dans un effort empreint de « violence ». L’intuition dont il est question est une intuition métaphysique. C’est un moyen de posséder la réalité absolument, de se placer en elle au lieu d’adopter des points de vue sur elle.

Sa conception de l’intuition garde une certaine connotation cartésienne sans s’y réduire. La philosophie reste une intention vers le sujet. C’est une méditation, un dialogue intérieur et médiateur. C’est pourquoi l’intuition comme intention philosophique n’est pas privée de méthode. Car l’ « immédiation » de Bergson n’est que le terme du parcours intuitif qui passe par l’analyse régressive des faits. L’adhérence intuitive à l’être une forme de sympathie, d’union métaphysique.

L’intuition porte le sujet connaissant à s’unir avec l’être à connaître dans un rapport vital qui consiste à se ramasser de la périphérie de son être vers le centre. La première réalité avec laquelle le sujet connaissant sympathise, c’est son « moi qui dure ». Mais il se dépasse pour gagner les autres êtres grâce à l’interpénétration des consciences humaines. L’esprit étant le domaine propre de l’intuition, l’homme peut saisir dans les choses analysées leur participation à la spiritualité.

Emmanuel AVONYO, op

Pensée du 17 décembre

L’academos

Sommaire