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Homo, humus, humilitas

Le billet de Mejnour 65

L’humain a la terre pour origine et pour socle.

Manifestement, être homme, c’est être fragile. C’est, se sachant passant, concéder à l’histoire et à la postérité, un droit de mémoire. C’est accepter, créature terrestre, de regarder le ciel et les étoiles pour s’élever, s’arracher aux stérilités des habitudes pour s’attacher à l’instabilité perpétuelle des idées qui renouvellent le monde.

L’humain se rapporte à l’humus de la terre. L’humus assure à la terre sa fécondité. Comme l’humilité assure à l’homme des garanties de vie. Etre humble, c’est regarder le ciel. Mais ce n’est pas, loin s’en faut, s’anéantir, se nier. Car on n’est plus rien, s’étant réduit à néant.

L’homme est humble. Essentiellement. Et tout est bien quand l’humilité n’ôte rien à la dignité. Heureux celui qui le sait et qui en tient compte !

Mejnour te salue.

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Exclusions

Le Billet de Mejnour 71

Jean Vanier (« Toute personne est une histoire sacrée ») affirme à raison que la base de la création des groupes est l’exclusion. En effet, une association de femmes exclut de facto les hommes. Il est difficile de croire qu’un juif irait à une réunion de cadres musulmans comme un poisson dans l’océan. L’exclusion est donc une façon d’être en relation, de définir les conditions  de son épanouissement et les paramètres de son identité. A cela, le bon sens n’oppose rien.

Mais le philosophe s’insurge contre la récupération d’abstractions, de concepts diffus comme la définition d’une certaine identité à des fins tout aussi insaisissables. Et comme nul ne devrait avoir de soi une image uniforme, lisse et claire, il importe de faire attention à ces clichés vite venus qui font de la personnalité humaine le lieu de violents conflits entre identités meurtrières. Et pourtant, l’exclusion, bien comprise, peut être salutaire !

Sur ce, Mejnour vous salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Le billet de Mejnour 50

NON CONTRADICTION

La pensée occidentale a pour ancrage le principe aristotélicien de non contradiction. Cette exigence a rendu nécessaire l’érection de la clarté comme norme de discours. Puis est venue la nécessité de cheminer ensemble vers le bien penser. Dans la mesure où « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée », il est nécessaire de penser ensemble pour surmonter les contradictions qui, en dressant les hommes les uns contre les autres, favorisent la construction de remparts avilissants contre l’humain.

Notre époque doit également à la pensée des Lumières l’inestimable privilège de penser par soi, de réclamer pour l’homme la liberté qui lui est substantielle. Plus près de nous dans le temps, à la suite des Guerres, la question de l’intersubjectivité a investi le domaine de la philosophie où elle est encore très présente. Tout ceci ne visait, en définitive, qu’un objectif : que les hommes, faisant un judicieux usage de leur pensée, en viennent à surmonter leurs contradictions de tous ordre. Ce serait le gage d’un monde unifié, pacifié, lumineux. En attendant un tel monde, il est bon d’en rêver. Mejnour te salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Le billet de Mejnour 49

ABSTRACTIONS

Qu’exprime la réalité des murs ? La clôture d’une maison, par exemple, décrit une abstraction. Elle marque le fait que cette maison « se retire » d’un uni-vers. La clôture est un décret d’autarcie. Elle pose un absolu fragile exposé à des hostilités multiples et multiformes. Elle suppose une agression.

La pensée, lorsqu’elle se désincarne pour devenir allusions et suspicions, silence et distance, devient une abstraction. Elle convoque dans une collusion de l’anonymat des individualités qui auraient pu, par la confrontation entre leurs différences, construire un monde plus convivial. C’est ainsi que le concept devient idéologie pour forger dans les cœurs des murs insurmontables dont la chute est toujours et nécessairement fracassante.

L’homme, animal social, a le devoir de penser par soi. Ce devoir atteint sa perfection dans une pensée qui rencontre celle de l’autre, dans un souci d’édification intérieure mutuelle. Philosopher vraiment, c’est, à la manière des anciens, mettre en commun (communiquer) nos motifs d’étonnement. Concrètement. Et Mejnour te salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Le billet de Mejnour 44

RESIGNATIONS ?

Un courant de la philosophie antique attire ce jour notre attention. Il s’agit du stoïcisme. Le stoïcisme fut-il une pensée de la résignation ? N’est-il pas plutôt porteur de valeur dont la conscience contemporaine pourrait faire son profit ?

Avec ce billet, Mejnour voudrait, cher compagnon, proposer une rencontre avec tous les amis de l’Académos. Ne serait-il pas intéressant qu’au détour de discours sobres sur presque tout, il sache se taire et laisser parler la sagesse de ses compagnons ?

Ne serait-ce pas une occasion formidable que celle-ci ? Parler de philosophies qui se sont attelées à proposer une manière pratique d’affronter le monde sans trahir sa nature. Si les questions qui précèdent trouvent quelques réponses et suscitent quelque engouement, nous nous offrirons probablement, de temps à autre, des débats philosophiques en ligne. Cela te convient-il, compagnon très cher ? Mejnour te salue !

Mejnour ben Hur, mejnourbh@gmail.com

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Quatrième travail d’Hercule

Se recueillir pour s’accueillir, se dévoiler, se rencontrer. Cher compagnon, ce chemin de choix est un chemin de croix. Heureusement, c’est aussi et nécessairement un chemin d’humanité. Il est bon de s’en souvenir tandis que nous laissons Hercule rappeler notre condition à ses devoirs. C’est avec cette disposition d’esprit que nous lisons le quatrième travail de notre héros : “4° prise de la biche de Cérynie : cette biche magique, qui avait des cornes d’or et des pieds d’airain, fut poursuivie une année durant par Héraclès, mais en vain. Enfin, le héros réussit à blesser l’animal d’une de ses flèches et, le plaçant sur ses épaules, le rapporta vivant à Eurysthée” Le décor est planté. L’habitude de laisser l’histoire faire corps avec toi va bientôt montrer sa vigueur : c’est ainsi que l’on apprend à lire le signe entre les lignes. Rabelais dirait “briser l’os pour en sucer la substantifique moëlle”. Médite, cher ami! Mejnour, prince d’Orient, fils de Liberté te salue!

LE BILLET DE MEJNOUR, CONTEMPLATION

Mejnour ben HUR, mejnourbh@gmail.com

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Troisième travail d’hercule

Ce qui est écrit dans le Larousse de la mythologie grecque et romaine : “3° Capture du sanglier d’Erymanthe : Héraclès avait reçu d’Eurysthée l’ordre de ne pas tuer l’animal qui vivait sur cette montagne d’Arcadie ; le héros le poursuivit donc pendant de longs mois. Il reçut l’hospitalité du centaure Pholos, mais, au cours d’une discussion, il entra en lutte avec les centaures et en tua un grand nombre. Par la suite, le héros retrouva la trace du sanglier, qu’il attrapa dans un filet. A la vue de la bête, Eurysthée fut si effrayé qu’il se cacha dans un tonneau”.

Ailleurs, ce travail vient plutôt en quatrième position. Puisque c’est la capture qui intéresse notre réflexion, allons sur le lien suivant :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sanglier_d%27%C3%89rymanthe

et extrayons le paragraphe dont nous avons besoin :

“Héraclès se rend alors à la chasse au sanglier. Il le poursuit et le fait sortir à grands cris de son fourré. La neige épaisse fatigue considérablement le sanglier et Héraclès peut ainsi le capturer avec un nœud coulant. Il le rapporte alors à Mycènes à son cousin Eurysthée. Effrayé par le sanglier vivant, son cousin se cache à nouveau dans la grande jarre de bronze à demi-enterrée.”

Cher compagnon, bonne lecture. Nous en reparlerons demain. En attendant, Mejnour, Fils de liberté, te salue!

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>>>LE BILLET DE MEJNOUR, SUBLIMATION

Mejnour ben HUR, mejnourbh@gmail.com

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Sublimation

A en croire Cyprian SMITH (Un chemin de paradoxe, la vie spirituelle selon maître Eckhart, Paris, Cerf, 1997), toute relation profonde (amitié, inimitié, agressivité) implique “un échange de caractéristiques qui font que les partenaires se ressemblent”. Ainsi, d’une certaine façon, l’extériorité qui nous résiste n’est qu’une expression de l’intériorité à polir pour croître en s’enracinant dans l’Etre qui donne l’être.

Hercule combat l’hydre. Quelle force, en nous, est aussi capricieuse, aussi redoutable que l’hydre ? Quelle force, en nous, résiste à toute espèce de répression pour occasionner de pernicieux ravages en tous genres ? N’est ce pas la force sexuelle, la libido freudienne ? Eh bien, cher ami, l’astuce ici, l’arme efficace, c’est Francis BACON qui la donne : “non nisi parendo vicentur” (on ne la domine qu’en lui obéissant”, c’est-à-dire en l’écoutant afin de mieux la soumettre, la sublimer. Le moyen, c’est l’écoute observatrice, la fin, c’est la sublimation dans quelque idéal.

La force sexuelle ne se réprime pas. Elle se sublime. Elle gît alors dans quelque recoin de l’âme où elle est canalisée, d’où sa force de propulsion est censée provoquer des actes héroïques. Les arts, la philosophie (littérature, poésie, métaphysique) et la religion en sont d’éloquentes et prodigieuses manifestations. Les hommes les plus nobles tirent leur fierté d’avoir entendu et sainement orienté les bourdonnements assourdissants de cette force enragée. En allant à la rencontre de ces hommes-là, Mejnour te salue!

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>>> LE BILLET DE MEJNOUR, HERCULE DEUXIEME TRAVAIL

Mejnour ben HUR, mejnourbh@gmail.com

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Deuxième travail d’hercule

Mejnour ben HUR, mejnourbh@gmail.com

De mon livre de chevet : “2° Combat contre l’hydre de Lerne : envoyé par Héra, ce monstre à neuf têtes de serpents venimeux ravageait le pays de Lerne, près d’Argos ; Héraclès coupa les têtes les unes après les autres et enterra celle qui était immortelle sous un énorme bloc de rocher”.

De wikipédia :” Le monstre est décrit de façon différente selon les différents contes et mythologies. Plus récemment, il a été décrit comme ayant un corps de dragon et sept têtes. La tête centrale était la « tête intelligente » qui dirigeait le corps et qui était immortelle. Chaque fois qu’un vaillant chevalier la coupait, deux nouvelles têtes poussaient.

Dans la mythologie de la Grèce antique, cette redoutable créature habitait les royaumes aquatiques et les marais. Elle possédait un corps de chien et entre 5 et 1000 têtes. Encore une fois, la tête centrale est immortelle et faite en partie d’or. Ces têtes se régénéraient doublement lorsqu’elles étaient tranchées. De plus, l’haleine soufflée par les multiples gueules exhalait un poison radical, même durant le sommeil de l’animal. Le monstre ravageait le bétail et saccageait les récoltes.

Héraclès, recouvert de sa peau de lion pour se protéger des morsures, attira la bête hors de son repaire en lui décochant quelques flèches enflammées. L’Hydre apparut accompagnée d’un crabe (ou une écrevisse géante) envoyé par Héra dans le but de distraire Héraclès lors du combat. Agacé par les pincements du crabe, Héraclès l’écrasa du talon.

Héra en fera une constellation : celle du Cancer à côté de celle du Lion.

Débordé par les multiples régénérations céphaliques, Héraclès appela Iolaos, fils d’Iphiclès, à la rescousse. Sur l’ordre de son oncle, il enflamma quelques arbres et utilisa des brandons afin de cautériser les moignons de cou. Quant à la tête immortelle, elle fut tranchée et enterrée, encore sifflante, sous un rocher.”

A demain, cher compagnon, pour notre méditation sur ce deuxième travail. Mejnour te salue !

LE BILLET DE MEJNOUR, ORGUEIL ET FIERTE

Mejnour ben HUR, mejnourbh@gmail.com

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Orgueil et fierté

Nous avons, semble-t-il, déjà évoqué cette vertu de fierté : sentiment résultant de la conviction selon laquelle, image de Dieu, nous ne pouvons ni ne devons faire ce qui contredit notre nature. L’image de Dieu ne pourrait sans blasphémer se vautrer dans la fange nauséabonde des calculs mesquins, du manque de charité, de la culture du vice. Celui qui est fier ne pêche pas. En revanche, l’orgueil est un péché capital. C’est le lion qui exprime le mieux cette déficience. Il se sent supérieur, inaccessible (aucune flèche ne peut transpercer sa peau). Il est imperméable au dialogue, l’autre est toujours forcément et nécessairement faux, inaudible, inférieur. Montaigne répondrait “autrui, loin de me léser, m’enrichit”. Même si, parfois, nos refus d’envisager la possibilité, la richesse des promesses de l’altérité explique sans le justifier celui qui pense qu’”autrui me fait, autrui me mange”.

La première victoire d’Hercule est une invitation à l’écoute de l’autre. C’est par l’écoute que nous apprenons à nous prendre pour ce que nous sommes vraiment : des femmes et des hommes capables de vaincre nos orgueils pour nous revêtir de cette noble et légitime fierté qui nous rend invulnérables aux maléfices. Savoir écouter, c’est ce qui nous dispose à mieux voir les failles de notre nature. C’est ce qui nous permet de comprendre que, même si notre peau repousse les flèches, notre cou est vulnérable. Et les mains de l’autre peuvent lui servir d’arme efficace. En se préparant à transcrire le deuxième travail d’Hercule, Mejnour, fils de Liberté, te salue !

VOIR LE BILLET DE MEJNOUR, PREMIER TRAVAIL

Mejnour ben HUR, mejnourbh@gmail.com

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