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Pensée du 28 mars 10

« La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement et c’est pourtant la plus grande de nos misères ».

BLAISE PASCAL, Pensées

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GRILLE DE LECTURE

Depuis Descartes, l’homme est défini comme animal pensant. C’est-à-dire : « une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent »[1]. Par cette faculté, il se distingue de l’animal du fait déjà qu’il se sait existant. Grâce à l’exercice de la raison, il est cet être vivant qui réclame des comptes et qui rend des comptes[2]. Perçu comme tel, il s’assigne la tâche d’être maître et possesseur de la nature[3]. Porté par ce vœu et cet idéal, l’homme accomplit un nombre pléthorique  d’activités dans le quotidien factuel de son existence. Par une réelle agitation qui désormais régit son existence, l’homme appréhende son travail comme ce qui le soulage et l’insère harmonieusement dans les relations humaines. Pourtant une réelle méditation de l’agir de celui-ci ne laisse-t-elle pas entrevoir la présence silencieuse d’une misère dans l’ensemble de l’entreprise humaine, misère qui comme une vermille, ronge l’homme de l’intérieur ?

Selon Pascal, cette agitation n’est rien moins que la résultante d’une incapacité à rester en repos. Car, quoique doté de raison, l’homme échappe à lui-même et ne peut rester auprès de soi. La conscience d’une telle misère de la condition qu’il expérimente, la conscience d’une vie passée dans la tristesse et le désespoir, poussent l’homme à se fuir par le divertissement. C’est pourquoi le divertissement chez Pascal consiste à faire éperdument l’effort de se détourner de soi, de son néant, de sa mort[4]. Au fond, le divertissement constitue une consolation pour l’homme dans la mesure où il est incapable d’assumer sa misère continuelle. Dans le divertissement en effet, l’homme reste sourd à l’appel de son intériorité parce que vivant à la périphérie de son être.

Ainsi, si le divertissement constitue une solution quotidienne pour l’homme confronté à ses malheurs, il n’est pas moins vrai qu’il reste sa plus grande misère. C’est  le divertissement qui divertit l’homme de l’essentiel. L’homme au total a une double nature. Celle qui cherche le repos à travers une multitude d’activités et celle qui se lasse de ce qu’il fait. L’homme cherche le repos mais ne peut s’en satisfaire. La question de fond qui se dégage donc de cette communication est : qu’est-ce que l’homme ? Telle est donc la question qui intéresse toute la philosophie. De la réponse toujours non définitive qu’elle recevra dépendra l’avenir  de l’homme et de son existence sur cette terre.

Klaourou Elvis Aubin

e.klaourou@yahoo.fr

Pensée du 03 novembre 09

« La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement et c’est pourtant la plus grande de nos misères ».

BLAISE PASCAL, Pensées

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GRILLE DE LECTURE

Depuis Descartes, l’homme est défini comme animal pensant. C’est-à-dire : « une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent »[1]. Par cette faculté, il se distingue de l’animal du fait déjà qu’il se sait existant. Grâce à l’exercice de la raison, il est cet être vivant qui réclame des comptes et qui rend des comptes[2]. Perçu comme tel, il s’assigne la tâche d’être maître et possesseur de la nature[3]. Porté par ce vœu et cet idéal, l’homme pose un nombre pléthorique  d’activités dans le quotidien factuel de son existence. Par une réelle agitation qui désormais régit son existence, l’homme appréhende son travail comme un hommage à sa dignité. Pourtant une réelle méditation de l’agir de celui-ci ne laisse-t-elle pas entrevoir la présence silencieuse d’une misère qui, comme une vermille, le ronge de l’intérieur ?

Selon Pascal, cette agitation n’est rien moins que la résultante d’une incapacité à rester en repos. Car quoique doté de raison l’homme échappe à lui-même et ne peut rester auprès de lui-même. La conscience d’une telle misère de sa condition qu’il expérimente dans la tristesse et le désespoir le pousse à se fuir par le divertissement. Dans cette conjoncture, le divertissement chez Pascal consiste à se détourner de soi, de son néant, de sa mort[4]. Au fond, le divertissement constitue une consolation pour l’homme dans la mesure où il est incapable d’assumer cette misère. Dans le divertissement en effet, l’homme reste sourd à l’appel de son intériorité parce que vivant à la périphérie de son être.

Toutefois, si le divertissement constitue une solution pour l’homme, il n’en demeure pas moins vrai qu’il reste la plus grande misère. L’homme au total a une double nature. Celle qui, à la fois, cherche le repos mais qui ne peut s’en satisfaire. La question de fond qui se dégage donc de cette communication est : qu’est-ce que l’homme ? Telle est donc la question qui est la question de la pensée et qui intéresse le monde entier. De la réponse qu’elle recevra dépendra l’avenir de la terre et celui de l’existence, de l’homme sur cette terre.

Klaourou Elvis Aubin

e.klaourou@yahoo.fr

Pensée du 02 novembre

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE


[1] René DESCARTES, Discours de la méthode, Paris, Librairie Larousse, 1969, p. 185.

[2] Heidegger, Principe de raison, Paris, Gallimard,

[3] René DESCARTES, p. 97.

[4] André CONTE-SPONVILLE, Dictionnaire philosophique, Paris, PUF, 2001, p. 178-179.