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Pensée du 19 novembre 09

« L’homme est inséparable des mots. Il est sans eux insaisissable. »

OCTAVIO PAZ, L’Arc et la Lyre

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GRILLE DE LECTURE

Octavio Paz nous livre dans ces quelques mots poétiques ce qu’est l’homme selon sa manière de voir les choses. Que serait l’homme sans les mots ? Telle est la question qui se dégage de cette pensée du jour. A la différence des animaux et autres êtres qui existent sur la terre, seul l’homme a ce privilège de posséder les mots. Les mots sont ce qui fait la spécificité de l’homme. L’homme se dit à travers les mots qu’il prononce. Il se laisse saisir pleinement dans les mots qui sont comme le corps de sa pensée. Les mots, à notre avis, sont le mode fondamental d’accomplissement de l’être-homme-au-monde. La perception de l’homme se fait de deux manières : l’une par la présence au monde, par son corps, l’autre par le langage qui trouve son lieu propre dans les mots. Sans les mots nous ne resterons que sur la première perception qui est la présence au monde. Cette saisie est cela qui est commun à tous les êtres qui existent ou qui sont au monde. Ce qui fait de l’homme qu’il est homme ce sont les mots à travers lesquels il s’exprime.

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Mervy Monsoleil AMADI, op

Pensée du 30 octobre

« Il n’est même pas exclu en principe que l’humanité, comme une phrase qui n’arrive pas à s’achever, échoue en cours de route ».

Maurice MERLEAU-PONTY, Signes

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GRILLE DE LECTURE

L’histoire de l’homme a fait et fait, plus peut-être qu’aucune autre, l’expérience de la contingence. La contingence est l’état d’une chose sans nécessité. L’histoire est sans nécessité parce que l’homme n’arrive pas à la dompter, parce qu’il n’en est pas le maître. Le passé, le présent comme l’avenir ne cessent de nous surprendre. Le passé étant un ancien avenir et un présent récent, le présent comme un passé prochain et un avenir passé et enfin l’avenir comme un présent et un passé à-venir s’inscrivent dans l’ordre de l’imprévisible, de ce qu’on ne peut pas objectiver, de ce qu’on ne peut pas saisir.

L’histoire de l’homme est aussi l’homme de l’histoire. L’homme ne vit pas dans l’histoire mais il est son propre histoire. L’homme fait son histoire. L’histoire de l’homme commence au moment où il commence à exister. L’homme n’habite pas l’histoire à la manière d’un caillou, il est son histoire. Le rapport de l’homme à  l’histoire n’est que pure immixtion. L’homme est la texture de l’histoire, la chair de l’histoire. Si donc l’histoire est contingente cela veut dire que l’homme l’est aussi.

Voilà pourquoi malgré la grandeur de l’homme et la place qu’il tient dans le cours des choses, il reste un être factice ; il est aussi bien voué à l’échec qu’à la réussite. L’homme est essentiellement un être à mystère, mystère de celui qui habite au milieu du ciel et de la terre, de celui qui est une nécessité contingente, aussi bien capable du bien que du mal. Ce mystère est cela qui se manifeste par les imprévus de l’histoire. Etant un être fragile, il  n’existe pas au principe de la vie humaine quelque chose qui dirigerait l’homme seulement et seulement vers le bien. Par sa liberté fragile, il peut échouer en cours de route.

Mervy Monsoleil AMADI, op

Pensée du 29 octobre

NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST GEOMETRE

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