« La logique est la morale de la pensée.»
Raymond RUYER, Philosophie de la valeur.
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GRILLE DE LECTURE
La logique est ce qui règle la pensée. Elle lui permet de se déployer sans contradiction, sans dire et se dédire. Nous pouvons affirmer que la logique est celle qui trace la route et créé l’espace à partir desquels la pensée s’élabore conceptuellement, se déploie et se fait comprendre sans ambiguïté ni obscurité. C’est en ce sens que nous pouvons soutenir qu’elle façonne le « comportement » de la pensée, qu’elle lui permet de se bien conduire, de bien se faire recevoir, de bien se faire intelligible, de bien se faire rassurante. Nous avons coutume de dire que la logique s’occupe de la forme de la pensée. La forme, c’est ce qui permet à quelque chose de se laisser saisir, circonscrire, voir, apercevoir. Et donc sans la forme de la pensée, elle ne saurait être appréhendée. La logique est la morale de la pensée en ce sens où c’est elle qui dirige la pensée dans son effectuation.
Le concept de morale vient du latin moralitas qui signifie comportement approprié, façon, caractère. La morale a donc trait étymologiquement au comportement, à l’agir, au faire. Une pensée digne de ce nom ne peut se faire sans une teinte logique, sinon elle ne peut être assimilée qu’à une sottise, une baliverne et traduirait un non sens. Dans ces conditions, elle raterait son objectif. Toute pensée vise à être comprise, être véridique, être reçue comme pensée authentique tout simplement ; c’est-à-dire être une parole ayant un sens et voulant traduire et énoncer un sens. Nous pouvons donc en fin de compte dire que toute pensée doit être logique pour être pensée. Ne voyons-nous pas dans le mot logique même le concept « logos » ? Le logos dit la pensée. Il constitue la matière même de la pensée, ce avec quoi la pensée se dit, se construit et se fait être hors de son enclave pour être intelligible et intelligente.
Aristide BASSE, o.p.
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